samedi, 06/06/2026   
   Beyrouth 10:56

Araghchi à Aoun : « Sauvez le Liban de son véritable ennemi, Monsieur le Président ! ». Baghaï critique Aoun en dialecte libanais

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a écrit dans un message adressé au président du Liban sur son compte de la plateforme X : « D’après les déclarations de M. Aoun, il semble que ce soit l’Iran qui occupe un cinquième du territoire libanais, qui a déplacé le quart de sa population et qui bombarde son pays quotidiennement. »

Araghchi a ajouté dans sa réponse à Aoun : « Si le Liban était une carte de négociation pour l’Iran, nous serions parvenus à un accord depuis longtemps », avant de lancer au président libanais : « Sauvez le Liban de son véritable ennemi, Monsieur le Président ! ».

Cette réplique cinglante intervient après les prises de position de Joseph Aoun, qualifiées de honteuses par ses détracteurs, lors d’un entretien accordé à la chaîne américaine CNN. Le président libanais y avait ouvertement accusé Téhéran d’« utiliser le Liban comme carte de pression dans ses négociations avec les États-Unis », tout en s’en prenant directement à la Résistance en déclarant que son secrétaire général, Naïm Qassem, « ne représente pas le peuple libanais ». 

Ce qui a suscité le plus de colère, ce sont ses déclarations minimisant la menace d’Israël, donnant l’impression qu’il n’y avait pas de différend majeur avec l’entité sioniste. Une posture en totale déconnexion avec la réalité du terrain, alors que chaque jour, des dizaines de civils libanais meurent sous les bombardements israéliens incessants, s’ajoutant à la destruction systématique des villages du Sud-Liban.

Baghaï critique Aoun en dialecte libanais

Pour sa part, le porte-parole du ministère iranien des Affaires Etrangères, Ismaïl Baghaï, a critiqué Joseph Aoun sans le nommer. Il a écrit sur X dans le dialecte libanais :

« Il vend celui qui se tient à ses côtés, et il achète celui qui se dresse contre lui. Il abandonne celui qui le soutient, et il marche derrière celui qui l’étrangle. »

Il convient de rappeler que la République islamique lie le cessez-le-feu sur son propre territoire à un cessez-le-feu au Liban, affirmant que le sort de la guerre menée contre elle par les États-Unis et « Israël » n’est pas déconnecté de celui de la guerre contre le Liban. Elle souligne que le cessez-le-feu doit englober l’ensemble des fronts de la Résistance, un objectif qu’elle s’emploie à concrétiser dans ses négociations avec Washington.