lundi, 22/06/2026   
   Beyrouth 22:20

Achoura redonne vie à la banlieue sud

Avec une vitesse foudroyante, Achoura a rendu la vie à la banlieue sud de Beyrouth et aux villages du sud du Liban où pendant des semaines des raids ennemis israéliens ont semé la mort et les destructions.

Depuis l’entrée en vigueur du mois de Mouharram de l’hégire, la vie a repris de plus fort avec le lancement des cérémonies célébrant le martyre de l’Imam Hussein dans ces régions qui gardent encore les traces des raids ennemis : bâtiments détruits, rues ravagées, infrastructures dévastées…

Les rues de la banlieue sud, désertée pendant des semaines sont devenues le théâtre d’une activité inhabituelle : des Majlis husseinites ponctués par la récitation de l’épopée de Achoura de l’imam Hussein sont quotidiennement organisés, de jour et de nuit, dans les husseiniya et les mosquées. Le Majlis central est toutfois organisé cette année dans le mausolé du martyr suprême Sayed Hassan Nasrallah.

Les majlis dans la banlieue sud de Beyrouth

Alors que gens, dans leur écrasante majorité, ont le cœur meurtri par la perte d’au moins un membre de la famille, ayant succombé depuis octobre 2023, ils ont toujours la générosité de donner aux autres.

Sur les bords de route et dans les entrées des quartiers, des tentes d’hôtes noires ont été dressées, garnies des portraits des martyrs tombés cette année et les années précédentes, leurs proches, leurs fils combattants… Des bénévoles y travaillent jour et nuit pour offrir du café, du thé, des boissons, des petites bouteilles d’eau, des repas, des fruits…

Les scènes ressemblent à celles qui sont organisées en Irak, pour la Marche vers Karbala du 40eme jour du martyre de l’Imam Hussein, vers le 20 du mois de Safar de l’Hégire.

« Dans un pays souffrant d’une profonde fragilité économique et institutionnelle, l’Achoura apparaît aujourd’hui comme plus qu’une simple commémoration religieuse ; c’est plutôt un espace pour revitaliser le cycle socio-économique, et une déclaration indirecte selon laquelle les sociétés épuisées par la guerre ont encore la capacité de retrouver leur vitalité, même temporairement, grâce à des initiatives émanant de l’intérieur, et non de leurs institutions officielles », a écrit la journaliste Kholoud Shehadé.

« Si les guerres sont généralement mesurées à l’aune de l’ampleur des destructions qu’elles engendrent, la capacité des sociétés à reprendre leurs activités quotidiennes demeure l’indicateur le plus clair du chemin vers le rétablissement », conclut-elle.

Célébration dans le mont Liban.

Célébration à Baalbek

Ces célébrations sont encores minimales au sud du Liban où les retours sont encore timides. Les conséquences de raids destructeurs qui ont sinistré des dizaines de localités et villages n’ayant pas encore été déblayé.

Du sud au nord: nous retournerons

Al-Manar a rencontré un professeur scolaire à la retraite qui avait l’habitude d’organiser une tente d’hospitalité dans sa localité natale Maroune al-Ras dans ce village du sud qui surplombe la Palestine occupée. Mais comme cette localité a été entièrement détruite, il a dressé une tente dans le village de Bkomra dans la région d’al-Koura au nord du Liban où il a trouvé refuge actuellement, avec sa famille.

« Nous reveindrons. Nous n’accepterons jamais que notre terre reste occupée. Nous ferons tout pour la libérer. Nous préférons mourir digne que de laisser notre terre occupée », a-t-il dit pour le correspondant d’al-Manar.

Les proches et les amis du compagnon de route du martyr suprême sayed Hassan Nasrallah, Hussein Khalil et de son fils Mahdi ont profité de cette occasion pour commémorer leur martyre. Ils ont été tués dans un raid en Irak l’an dernier. Leurs proches ont distribué des fleurs rappelant qu’il a été le « Ditributeur des fleurs » pendant les obsèques de sayed Nasrallah. Ce qui a revitalisé davantage les routes de la banlieue sud.

 

Source : Divers