Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a nié ce mercredi avoir contacté l’envoyé américain Steve Witkoff ces derniers jours ou avoir sollicité des négociations. Le président américain Donald Trump avait prétendu mardi que l’Iran voulait parvenir à un accord avec les USA.
En marge de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, M. Araghchi a souligné que « les négociations ne peuvent pas se dérouler dans un climat de menaces, et les États-Unis doivent le comprendre s’ils souhaitent négocier ». Il a ajouté que « les négociations obéissent à des règles et doivent reposer sur l’égalité et le respect mutuel ».
Il a en outre réaffirmé l’engagement de son pays à privilégier la voie diplomatique, déclarant que « les menaces militaires sont vouées à l’échec ».
Et de renchérir: « Quiconque souhaite négocier doit renoncer aux menaces, à la cupidité et aux exigences déraisonnables ».
« Les pays de la région estiment que les menaces militaires engendreront une instabilité régionale », a noté M.Araghchi avant d’ajouter que « diverses parties cherchent à jouer un rôle de médiateur, mais les négociations ne peuvent aboutir tant que des menaces sont proférées ».
Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires iraniens ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la révolution islamique de 1979.
Le président Donald Trump semble laisser les options ouvertes, alors que le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé lundi dans le Golfe – sans que sa localisation précise ne soit connue, selon l’AFP.
Mardi, il avait argué que les Iraniens veulent négocier. « Ils veulent passer un accord. Je le sais. Ils ont appelé à de nombreuses reprises. Ils veulent parler », a-t-il déclaré au média américain Axios.
Pays voisins hostiles si…
L’Iran avait prévenu qu’il considérerait les pays voisins comme « hostiles » si leur territoire était utilisé pour le frapper.
Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d’un blocage du détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.
Le président Massoud Pezeshkian s’est entretenu mardi avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Ryad n’autoriserait aucune attaque contre l’Iran lancée depuis le territoire saoudien, arguant du « respect de la souveraineté de la République islamique ».
Côté qatari, le Premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, « le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade et aux solutions pacifiques pour sécuriser et stabiliser la région », a rapporté mercredi son bureau.
Au Caire, le chef de la diplomatie Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et Witkoff, soulignant auprès d’eux l’importance de « travailler à la désescalade » et de « créer les conditions nécessaires à la reprise du dialogue avec les Etats-Unis et l’Iran ».