vendredi, 30/01/2026   
   Beyrouth 11:35

L’Iran condamne le blacklistage du CGRI par l’UE et l’accuse de « d’attiser les flammes »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a vivement critiqué l’Union européenne après que celle-ci a désigné le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) comme une « organisation terroriste », affirmant que cette décision constitue une erreur stratégique qui nuit aux intérêts mêmes de l’Europe.

Dans un message publié, le jeudi 29 janvier sur X, M.Araghchi a déclaré : « plusieurs pays tentent actuellement d’éviter le déclenchement d’une guerre totale dans la région. Aucun d’entre eux n’est européen ».

« L’Europe, au contraire, attise les tensions », a-t-il souligné tout en affirmant que celle-ci, après avoir appliqué le mécanisme de réactivation des sanctions (snapback) à la demande des États-Unis, a commis une autre grave erreur stratégique en désignant nos forces armées nationales comme une prétendue « organisation terroriste ».

Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné la décision de l’Union européenne (UE) de placer le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) sur sa liste noire, la qualifiant d’« illégale » et d’« hypocrite ».

Le chef de la diplomatie iranienne a fustigé l’Europe pour « son hypocrisie flagrante et son indignation sélective : aucune réaction face au génocide commis par le régime israélien à Gaza, et pourtant, elle se précipite pour “défendre les droits de l’homme” en Iran ». Araghchi a également affirmé que la démarche de l’UE est principalement un coup de pub pour masquer « le fait qu’elle est un acteur en net déclin ».

Il a averti que l’Europe serait fortement touchée par une guerre totale dans la région, notamment en raison des « répercussions de la flambée des prix de l’énergie », et a déclaré que « la position actuelle de l’UE est profondément préjudiciable pour ses propres intérêts ».

« Les Européens méritent mieux que ce que leurs gouvernements leur proposent », a déclaré Araghchi.

Violation flagrante du droit international

Pour sa part, le ministère iranien des Affaires étrangères a souligné que le CGRI était une institution formelle et légale qui joue un rôle crucial dans la défense nationale de l’Iran et la lutte contre le terrorisme.

Le ministère a qualifié la désignation du Corps des gardiens de la Révolution islamique comme organisation terroriste de mesure dangereuse et de violation flagrante des principes fondamentaux du droit international, notamment le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays.

L’UE s’aligne sur les agendas bellicistes des États-Unis et du régime sioniste, indique le communiqué qui dénonce l’hypocrisie des 27 concernant un prétendu souci des droits de l’homme en Iran.

Le texte évoque notamment le soutien européen au dictateur irakien Saddam Hussein pendant sa guerre contre l’Iran (1980-1988) et la complicité de l’UE dans les sanctions arbitraires imposées à l’Iran.

Le ministère a également évoqué le refus du bloc de prendre des mesures contre le régime israélien face au génocide qui dure depuis deux ans à Gaza.

Jeudi, l’UE a désigné le CGRI comme organisation terroriste.

« Les ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de franchir une étape décisive en désignant le CGRI comme organisation terroriste », a écrit la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, dans un message publié sur X.

L’Iran avait déjà mis en garde contre les démarches anti-iraniennes de l’UE, notamment à l’encontre du CGRI.

Les responsables iraniens ont souligné que le CGRI était une institution militaire légitime et avaient averti que toute action à son encontre était illégale et constituait une violation flagrante de la Charte des Nations Unies.

Ismaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a averti que qualifier une partie des forces armées officielles d’un pays est « non seulement contraire aux principes fondamentaux du droit international, mais aussi, d’un point de vue logique et politique, très malavisé et lourd de conséquences ».

« Qualifier ainsi une institution issue du peuple iranien et chargée de protéger la nation et la sécurité du golfe Persique est un acte illogique, et l’Iran se réserve le droit de riposter », a-t-il conclu.