Reuters a rapporté que les États membres de la Cour pénale internationale (CPI) ont voté vendredi la destitution de Karim Khan de son poste de procureur suite à des allégations d’inconduite sexuelle.
Selon des sources citées par Reuters, 82 des 125 États membres de la Cour ont voté en faveur de la destitution du procureur.
M. Khan, âgé de 56 ans, nie toute malversation et ses avocats ont qualifié la procédure ayant mené au vote d’illégale, d’irrégularité et de dépourvue de preuves.
Cette destitution intervient après l’annonce par les États-Unis d’une nouvelle campagne diplomatique visant à démanteler la CPI, qu’ils considèrent comme une menace pour leur souveraineté.
Le mois dernier, les diplomates qui dirigent l’organe de contrôle de la Cour ont conclu que l’avocat britannique avait entretenu une relation sexuelle inappropriée avec une jeune avocate de la CPI et ont recommandé sa révocation. Les États membres ont largement accepté cette conclusion, comme en témoigne le vote d’aujourd’hui au siège des Nations Unies à New York.
Rubio : « Des malades mentaux » à la Cour
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en visite aux Philippines jeudi, a déclaré que la Cour pénale internationale (CPI) était peuplée de « menteurs et de malades mentaux », affirmant qu’il était impossible de poursuivre un responsable politique ou militaire américain devant cette juridiction, réitérant ainsi des critiques antérieures.
Les États-Unis, pays non membre de la CPI, ont imposé des sanctions à 11 juges et procureurs de la Cour, dont Khan, sur la base de mandats d’arrêt émis par la Cour contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, ainsi que suite à une enquête antérieure menée sur les forces américaines en Afghanistan.
M. Khan a déclaré à plusieurs reprises avoir subi des pressions de la part de certains dirigeants mondiaux pour l’empêcher d’émettre ces mandats d’arrêt, défendant sa décision et soulignant que MM. Netanyahu et Gallant étaient responsables de crimes contre l’humanité à Gaza. Tous les mandats d’arrêt émis par la Cour resteront en vigueur même si M. Khan est démis de ses fonctions, car seuls les juges ont le pouvoir de les révoquer.
Source : Médias
