mardi, 28/07/2026   
   Beyrouth 08:48

Aoun mise sur un « cadeau américain » à Rome

Des milieux proches du palais présidentiel ont laissé fuir que le président Joseph Aoun a demandé au président américain Donald Trump d’exercer des pressions sur ‘Israël’ afin de passer à une seconde phase des « zones pilotes », englobant un plus grand nombre de villages occupés. Elles ont ajouté qu’Aoun a reçu l’engagement de Trump d’œuvrer en ce sens, en contrepartie de l’accélération des mesures relatives au désarmement du Hezbollah.

Plus tard, la rumeur s’est répandue à Beyrouth que la réunion prévue à Rome le 4 août prochain entre les délégations du pouvoir et de l’ennemi abordera le projet d’une nouvelle zone pilote incluant un certain nombre de villages occupés.

Les milieux de Baabda affirment que l’armée libanaise a finalisé un rapport détaillé sur la première phase et a exécuté l’ensemble des engagements qui lui incombaient, tandis que la présence des forces d’occupation demeure le principal obstacle à la finalisation de son déploiement, l’armée refusant de mener toute activité dans des zones où les forces israéliennes sont encore présentes.

Ces mêmes milieux indiquent qu’Aoun mise sur la réussite de Trump à convaincre le premier ministre de l’ennemi, Benjamin Netanyahu, de se retirer des zones libanaises occupées pour éviter l’effondrement de l’accord-cadre.

Cependant, des médias israéliens ont publié des informations émanant du bureau de Netanyahu indiquant que ce dernier a informé les ministres de son gouvernement que Trump lui demande de se retirer du Liban, de Syrie et de Gaza, et qu’il lui expliquera lors de leur rencontre à Washington les risques d’une telle démarche à l’heure actuelle.

Les médias israéliens ont réitéré leurs doutes quant à la capacité de l’armée libanaise à honorer ses engagements, notamment le démantèlement de la structure du Hezbollah, estimant que cela entravera le processus de « redéploiement ».

Selon les données disponibles, il n’existe pas de calendrier détaillé et fixe pour le passage à la seconde phase, ce qui rend toute extension des zones pilotes tributaire de la capacité du comité de coordination militaire à traiter les violations, à garantir l’absence de tir contre l’armée, à achever le relevé du génie militaire et à assurer un retour sécurisé des habitants.

Néanmoins, l’évolution sur le terrain reste suspendue à la décision politique, chaque nouvelle échéance des négociations coïncidant avec une escalade israélienne visant à utiliser les faits militaires comme moyen de pression pour imposer des conditions préalables aux négociations.

Le tableau se complique davantage avec la volonté d’Israël d’imposer des conditions dépassant les arrangements sécuritaires pour toucher le mécanisme même du retour des habitants, à travers des restrictions et des mesures qui rendent ce retour conditionnel et humiliant, plaçant l’armée libanaise dans une position embarrassante, comme si elle évoluait dans une marge de manœuvre imposée par ‘Israël’ plutôt que d’être la seule référence pour organiser le retour des citoyens et protéger leurs droits.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar