mardi, 28/07/2026   
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USA : Les républicains divisés sur la manière de gérer la guerre contre l’Iran. Vives critiques à l’encontre de Hegseth

Les critiques au sein du Parti républicain à l’encontre du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, se sont intensifiées, alors que la guerre avec l’Iran se poursuit sans signes clairs de fin.

Un certain nombre de sénateurs républicains ont commencé à exprimer publiquement leur manque de confiance dans la direction du département de la Défense et sa gestion des opérations militaires.

Le sénateur républicain Thom Tillis a déclaré avoir totalement perdu confiance dans le secrétaire à la Guerre, estimant que le département souffrait d’un « désordre » dans sa gestion, et l’accusant de s’être empressé de mettre à la retraite ou de forcer à la démission un certain nombre des plus éminents chefs militaires, ce qui avait eu un impact négatif sur les performances de l’establishment militaire.

Tillis a ajouté que Hegseth ne possède pas l’expérience nécessaire pour gérer de grandes institutions et qu’il s’immisce excessivement dans les détails quotidiens, ce qui a entraîné une baisse de confiance envers son leadership au sein de l’establishment militaire. Il a souligné une crise de confiance croissante au sein du bloc républicain au Sénat, compte tenu du coût exorbitant de la guerre et de l’absence de progrès dans les négociations avec l’Iran.

Le sénateur républicain n’a pas exclu la possibilité que plusieurs de ses collègues annoncent des positions similaires dans la période à venir, reflétant les objections croissantes au sein du parti quant à la gestion de la guerre et des affaires militaires.

Les remarques de Tillis sont particulièrement importantes, car son vote devrait être décisif lors du vote budgétaire avant la pause d’août, ouvrant la voie à l’approbation d’un plan de financement de 95 milliards de dollars, dont 73 milliards alloués au département américain de la Défense (le Pentagone) et aux agences de renseignement.

Dans le même contexte, un autre sénateur républicain, qui a souhaité garder l’anonymat, a confirmé que la crise de confiance ne se limitait pas aux membres du Sénat, mais s’étendait également au sein même du ministère de la Guerre, ce qui suscitait une inquiétude croissante chez les républicains.

Il a noté que la décision de contraindre Chris Donahoe, le plus haut commandant militaire américain en Europe, à une retraite anticipée avait suscité des critiques au sein du parti, comme l’a exprimé la présidente de la commission des crédits du Sénat, Susan Collins, qui a déclaré que le départ de plusieurs hauts responsables militaires soulevait de profondes inquiétudes quant à la stabilité du commandement militaire.

Les critiques se sont également étendues à la gestion par le ministère de la Défense des répercussions de la guerre avec l’Iran. Plusieurs républicains ont accusé le Pentagone de ne pas avoir anticipé la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, qui a entraîné une forte hausse des prix du pétrole et du gaz, et de ne pas avoir pris en compte les risques d’extension du conflit et la volonté de l’Iran de cibler les pays voisins, ni l’extension des affrontements à la mer Rouge suite aux attaques des forces yéménites de Sanaa contre les convois saoudiens.

D’un autre côté, plusieurs républicains connus pour leur soutien à une politique de défense intransigeante, dont Roger Wicker et John Cornyn, estiment qu’une offensive militaire d’envergure permettrait de résoudre rapidement le conflit et de contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz. Cependant, d’autres cercles républicains expriment un mécontentement croissant face à la prolongation des hostilités depuis plus de cinq mois, alors que le président américain Donald Trump avait prédit, au début des opérations, qu’elles ne dureraient pas plus de quatre ou cinq semaines.

Cette controverse s’est accompagnée d’inquiétudes croissantes quant au coût économique de la guerre, des analystes indépendants estimant que les dépenses totales pourraient atteindre environ 132 milliards de dollars, compte tenu de la poursuite des opérations militaires et de l’expansion du conflit régional.

Source : Médias