mercredi, 05/08/2026   
   Beyrouth 08:52

Le Brésil rétrograde ses relations avec l’Argentine et dénonce une escalade américaine hostile

Le gouvernement brésilien a annoncé, ce mercredi, qu’il ne renverrait pas son ambassadeur Julio Bitelli en Argentine et qu’il abaissait le niveau de ses relations diplomatiques avec le gouvernement du président Javier Milei au rang de chargés d’affaires.

La décision a été notifiée à l’ambassadeur d’Argentine à Brasilia, Daniel Raimondi, qui a reçu une note de protestation suite aux « insultes » proférées par Milei à trois nouvelles occasions depuis le rappel de l’ambassadeur brésilien pour consultations le 26 juillet. Selon des sources diplomatiques, les déclarations de Milei traduisent un manque de volonté de rétablir une relation normale avec le gouvernement brésilien.

L’ambassadeur brésilien avait été rappelé pour consultations au lendemain de la participation de Milei au congrès national du Parti libéral brésilien à São Paulo, au cours duquel il avait proféré des « insultes » à l’encontre du président Luiz Inácio Lula da Silva et du juge Alexandre de Moraes. Depuis lors, Milei a réitéré et défendu ses propos lors d’entretiens accordés à des chaînes argentines, tandis que son ministre des Affaires étrangères affirmait qu’il n’y avait aucune intention de rupture avec le Brésil.

Mesures hostiles des États-Unis contre le Brésil

Pendant ce temps, le gouvernement brésilien a dénoncé la décision du département d’État américain de suspendre le visa de l’ambassadrice du Brésil à Washington, affirmant que les justifications avancées pour cette décision sont fausses.

Le gouvernement a précisé que les procédures d’agrément diplomatique sont soumises au secret et que le nom d’un candidat ne doit pas être divulgué avant l’obtention de cet accord, conformément à l’article 4 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Il a souligné que le gouvernement américain avait annoncé publiquement le nom de son candidat avant de soumettre officiellement la demande d’agrément au gouvernement brésilien.

Le Brésil a réaffirmé son strict respect du droit international, rappelant qu’aucune disposition de la Convention de Vienne ne fixe de délai pour l’octroi d’un agrément diplomatique et que la demande américaine est toujours à l’étude. Il a ajouté que les deux responsables gouvernementaux américains s’étant vu refuser un visa d’entrée au Brésil avaient l’intention de visiter le pays pour remettre en cause l’intégrité du système électoral brésilien, dans ce qu’il a qualifié de tentative inacceptable d’ingérence dans le processus politique national.

Le gouvernement brésilien a souligné que les sanctions individuelles imposées à des responsables brésiliens restent en vigueur, notamment l’annulation de visas d’entrée aux États-Unis, sur la base d’une allégation « infondée » de persécution politique à l’encontre de l’ancien président Jair Bolsonaro. Il a précisé que ces sanctions frappent des juges de la Cour suprême et de hauts responsables du pouvoir exécutif.

Le Brésil a affirmé n’avoir ménagé aucun effort pour résoudre ces différends, soulignant que le président Lula avait personnellement demandé au président américain Donald Trump, lors de sa visite à Washington en mai dernier, de lever ces sanctions individuelles.

Brasilia a insisté sur le fait que la décision américaine annoncée « ne constitue pas un événement isolé », mais s’inscrit dans le cadre d’une « escalade délibérée de mesures hostiles contre le Brésil, guidée par des motivations idéologiques incompatibles avec un partenariat bilatéral historiquement fondé sur le respect mutuel ».

Le gouvernement brésilien a également évoqué une « volonté injustifiée d’ingérence dans les prochaines élections présidentielles », réaffirmant, conformément à ses traditions diplomatiques, son rejet de la logique de confrontation et son attachement au dialogue et à la négociation dans ses relations internationales.

Les relations du Brésil avec l’Argentine et les États-Unis traversent une période de tensions croissantes, sur fond de désaccords politiques, de déclarations croisées et de contestations de Brasilia face à ce qu’elle considère comme des tentatives d’ingérence dans ses affaires intérieures et son processus électoral.

Source : Médias