vendredi, 07/08/2026   
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Le scandale de la pénurie de munitions s’aggrave | Iran – Oman : L’accord d’Ormuz sur les rails

Alors que progressent les efforts de réorganisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz — ce qui pourrait ouvrir la voie à un retour au « protocole d’accord » signé entre les États-Unis et l’Iran —, la pression militaire ne semble pas avoir quitté les calculs des deux parties.

Tandis que le président américain, Donald Trump, brandit la menace d’un retour à la guerre en cas d’échec des négociations, Téhéran s’accroche à la gestion des modalités de transit dans le détroit, poursuivant à ce sujet ses entretiens avec Oman, avec le soutien du Qatar et du Pakistan.

Cela intervient alors que la crise des munitions révèle les limites auxquelles se heurte la poursuite des opérations militaires américaines au rythme antérieur, lesquelles n’ont d’ailleurs pas réussi à atteindre les objectifs de la guerre.

Téhéran et Mascate sont parvenus à un entente sur les « grandes lignes » de la réouverture du détroit, mais la mise en œuvre de cet accord requiert encore l’approbation du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, dont le secrétaire général, Mohammad Baqer Zolqadr, a démissionné de ses fonctions il y a quelques jours, les données indiquant l’intention de nommer le conseiller militaire du Guide suprême, Mohsen Rezaï, pour le remplacer.

L’accord irano-omanais devrait s’étendre sur 60 jours renouvelables. Il vise à reprendre la navigation tout en laissant la porte ouverte à la participation éventuelle de parties régionales au déminage et aux procédures techniques nécessaires.

Alors que le succès de cet arrangement est considéré comme une étape préalable indispensable au retour au « protocole d’accord » issu du processus d’Islamabad — et précisément à l’activation de son cinquième article —, l’agence iranienne Fars a rapporté, d’après une source informée, que « les dispositions de navigation à venir prévoiront, à l’expiration du délai fixé (60 jours), l’annulation des couloirs nord et sud et l’adoption du couloir central pour le transit des navires, avec le perception des frais de services incluant l’assurance, le ravitaillement en carburant et les redevances environnementales ».

Dans l’attente de la prochaine étape consécutive à l’accord irano-omanais, le ministère des Affaires étrangères pakistanais a annoncé la poursuite de son engagement avec d’autres pays concernant la crise au Moyen-Orient et la situation à Ormuz, affirmant que ses efforts se poursuivent pour parvenir à une « solution globale et durable » au sujet du détroit, tout en saluant le rôle joué par le Sultanat d’Oman.

Des contacts regroupant les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, d’Égypte, du Pakistan et de Turquie ont porté sur les efforts de désescalade et la médiation pakistano-qatarienne, aux côtés de la « garantie de la sécurité de la navigation à Ormuz et Bab al-Mandeb ».

Néanmoins, malgré la reprise de l’activité sur le volet négocié, Washington tient à maintenir l’option de la force.

Dans ce cadre, le président américain Donald Trump a déclaré que l’Iran « voulait négocier et c’est ce que nous faisons », ajoutant que les négociations « semblent bien se dérouler », tout en précisant qu’elles « peuvent réussir comme échouer » et en affirmant la disposition des États-Unis à lancer une attaque si « la nécessité l’exige ». Il a ajouté qu’il préférait parvenir à un accord et ne cherchait pas à « tuer et tout détruire ».

De son côté, le vice-président JD Vance a estimé que les négociations avec l’Iran seraient « complexes », exprimant l’espoir que les récents développements mèneraient à une baisse des prix du pétrole, et soulignant que « l’administration utilisera tous les leviers militaires, économiques et diplomatiques pour parvenir à une solution avec Téhéran ».

Cela survient sur fond de polémique croissante à Washington quant à la capacité de l’armée américaine à maintenir les opérations au même niveau. Le journal Washington Post a rapporté, dans un nouvel article citant des responsables, que l’agacement de Trump envers le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, s’est accentué après que ce dernier, l’un des principaux fervents partisans d’une action militaire contre l’Iran, a convaincu le président que l’opération serait une « victoire rapide et relativement facile ».

Selon le journal, Trump a confronté son ministre de la Défense à Camp David, lui demandant d’« expliquer la grave pénurie de certains types de munitions, en particulier les missiles guidés à longue portée et les intercepteurs de défense antiaérienne, alors que l’épuisement des stocks restreint désormais les options militaires américaines face à l’Iran ».

Des rapports indiquaient que les forces américaines ont consommé environ 80 % des missiles THAAD et la moitié des munitions Patriot lors des affrontements précédents, attribuant à cet épuisement le recul de Trump quant à une frappe militaire élargie contre l’Iran.

La Maison-Blanche a toutefois démenti le rapport du Washington Post, tandis que le président a publiquement défendu son ministre de la Défense, qualifiant ces fuites de « rumeurs fausses et sans fondement » et affirmant être « très satisfait » des performances de Hegseth. Trump a également nié toute pénurie de munitions américaines.

En contrepartie, l’agence Reuters a révélé, citant cinq sources, que « l’Iran a adressé des avertissements aux pays du Golfe indiquant que toute nouvelle attaque américaine sur son territoire entraînerait la frappe d’infrastructures énergétiques vitales à travers la région ».

Le rapport de l’agence ajoute que « Téhéran a demandé aux États du Golfe de faire pression sur Washington pour empêcher une reprise des attaques, menaçant de frapper leurs installations pétrolières, gazières et hydrauliques au cas où ils permettraient l’utilisation de leur territoire ou de leur espace aérien pour une nouvelle agression ».

Sur le plan opérationnel, un pétrolier a fait état de deux explosions lors de son transit dans le détroit d’Ormuz, au sud-est du Sultanat d’Oman, selon l’Agence de sécurité maritime britannique (UKMTO). Quelques heures plus tard, des informations circulant ont fait part d’un incendie à bord d’un autre navire au large des côtes iraniennes près du détroit. Des images satellites ont montré la présence d’un incendie au large de la côte iranienne et la dérive du navire vers le rivage, ainsi qu’une importante fuite de pétrole sur les lieux.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar