mardi, 11/08/2026   
   Beyrouth 09:51

Syrie| Implantation d’équipements et recrutement de cellules : l’occupation israélienne resserre son étau sur le bassin du Yarmouk

Depuis la chute du régime précédent, l’armée d’occupation israélienne renforce son emprise sécuritaire dans le sud de la Syrie. Elle déploie un large éventail de moyens du terrain et du renseignement, ciblant à la fois le territoire et la population.

Alors que les incursions terrestres figurent au premier rang des agressions — accompagnées de barrages, de perquisitions à domicile et du contrôle des passants —, le début du mois d’août a été marqué par une nette escalade.

La province de Deraa a enregistré près de 10 agressions, qui s’ajoutent à une cinquantaine de violations recensées en juillet.

Outre les incursions dans la région du bassin du Yarmouk et les tirs vers les quartiers résidentiels, l’ennemi a repris le percement d’une route dans le Wadi Al-Raqqad, au sein de la « zone tampon », face au village de Maariya, dans la campagne occidentale de Deraa.

La dangerosité de cette initiative réside dans le rôle vital du Wadi (vallée), qui alimente sept barrages stratégiques.

Le plus important, le barrage d’El-Mantarah à Quneitra, se trouve désormais sous contrôle absolu d’Israël, selon des sources locales contactées par Al-Akhbar.

Des patrouilles israéliennes s’y rendent régulièrement et ont transformé un parc public voisin en point d’appui. Ces mêmes sources rapportent que des ingénieurs accompagnent les patrouilles militaires sur place pour superviser les travaux d’excavation et d’incursion. Les habitants les soupçonnent, outre l’inspection des cours d’eau, d’installer des équipements non identifiés aux abords des barrages.

L’occupation exploite également les périodes de vacances des habitants autour de ces retenues d’eau pour couvrir ses réunions avec des cellules opérationnelles sur le terrain. Selon ces sources, ces cellules sont chargées de collecter des informations et d’établir des bases de données répertoriant les noms des habitants et les villages où se trouvent encore des armes, même individuelles. Elles fournissent aussi au renseignement ennemi des données sur les déplacements d’individus ciblés.

En parallèle, lors de ses incursions, l’armée d’occupation mène des questionnaires individuels auprès des familles pour leur proposer des services, comme le forage de puits d’eau ou une aide matérielle régulière. Elle tire parti de la détérioration de la situation économique et de la faiblesse de l’autorité intérimaire syrienne dans le Sud pour tenter de consolider son influence directe au sein des communautés locales.

Dans le nord de Quneitra, les efforts israéliens pour renforcer la surveillance sont visibles depuis mi-juillet.

L’occupation a installé des caméras d’observation électro-optiques de terrain dans les villages de Samdaniyah al-Gharbiya et Samdaniyah al-Charqiya pour surveiller les mouvements des habitants et la zone frontalière.

Sur le terrain, l’installation de ces dispositifs vise en partie à suggérer l’existence de failles de sécurité en affichant des lignes de détection actives, tout en imposant une surveillance forcée sur les déplacements de la population, d’autant que ces caméras couvraient des terres agricoles exploitées par les habitants.

Cette mesure rejoint les avertissements adressés par l’occupation aux résidents du Sud : des sources locales ont révélé à Al-Akhbar que l’armée exige désormais la limitation de la circulation des motos et des voitures dans les villages proches de la ligne de démarcation avec le Golan occupé, sous peine de représailles ou d’arrestation.

Par ailleurs, l’occupation a libéré cinq Syriens arrêtés il y a environ un an, dont un membre des services de la « Sécurité générale » syrienne et des civils issus des campagnes de Quneitra, Damas et Deraa.

Des sources proches des personnes libérées ont indiqué à Al-Akhbar que d’autres détention pourraient prendre fin après des peines d’un an ou un peu plus, des durées qui varient selon l’application par ‘Israël’ de la loi sur les « combattants illégaux ».

De nombreuses familles attendent la libération de leurs proches, alors que plus de 46 citoyens syriens restent détenus dans les prisons israéliennes sans précision sur leur sort.

Des sources sécuritaires ont toutefois averti dans Al-Akhbar que ces libérations ne marquent pas un recul de l’activité de l’occupation sur ce dossier : elles pourraient coïncider avec de nouvelles vagues d’arrestations ciblées, motivées par des caractéristiques propres aux personnes visées ou à leur entourage.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar