Le journal israélien Yedioth Ahronoth a rapporté que l’armée israélienne mène actuellement une restructuration majeure de la gestion de ses ressources humaines pour éviter l’effondrement.
L’institution fait face à un déficit estimé à environ 12 000 soldats, dont près de 7 500 combattants, dans un contexte de multiplication des missions et des fronts.
Le quotidien souligne qu’après les événements du 7 octobre 2023, le dispositif d’armée d’active et de réserve s’est élargi de plusieurs dizaines de pourcents.
Cet élargissement s’est traduit par une augmentation du nombre de bataillons, de brigades et de formations, ainsi que par un déploiement accru de troupes aux frontières et sur les lignes de front.
Le paradoxe réside dans le fait que cette expansion survient malgré le manque effectif de troupes.
La solution envisagée repose sur une nouvelle gestion des effectifs actuels : orienter davantage de soldats vers des rôles de combat, élargir massivement le bassin de réservistes et adapter la prise en charge des militaires épuisés ayant quitté le service par milliers.
Le bassin de réservistes a progressé d’environ 36 %, soit plus de 100 000 personnes réintégrées grâce à l’annulation d’exemptions, aux engagements volontaires ou aux ordres de rappel.
Cette mobilisation a permis la création de nouvelles unités, comme la division Gilead, ainsi que de brigades et bataillons supplémentaires. Malgré ces mesures, les réservistes souffrent d’un épuisement sévère. Certains d’entre eux accumulent jusqu’à 600 jours de service en moins de trois ans, avec de lourdes répercussions sur leur vie familiale, économique, académique et psychologique.
Afin d’alléger cette charge, l’armée a entamé la création de deux nouveaux bataillons d’active au sein des brigades Golani et Nahal dans la promotion d’incorporation actuelle.
L’apport de chaque nouveau bataillon d’active permet en effet d’épargner le déploiement d’environ sept bataillons de réserve.
Concernant les ultra-orthodoxes (Haredim), le nombre de conscrits devrait passer cette année de 2 800 à 4 300 environ. Toutefois, seuls 900 d’entre eux occuperont des postes de combat, la majorité étant affectée à des fonctions technologiques.
Enfin, le nombre d’exemptions accordées pour raisons psychologiques avant la conscription a baissé, passant de près de 10 000 en 2023 à 8 200 en 2025. En revanche, le nombre de soldats d’active quittant le service en cours de mandat pour « inaptitude » a grimpé à environ 8 000 par an, sous l’effet de l’épuisement.
Source : Médias
