lundi, 24/08/2026   
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Tentative pakistanaise pour enrayer l’escalade : l’Iran brandit la menace de la « bombe »

Par Mohammad Khawajouï

Alors que Washington s’apprête, aujourd’hui, à lancer une nouvelle phase de la guerre économique contre Téhéran et à lui imposer un paquet de sanctions décrites comme « les plus sévères de l’histoire », l’Iran adopte un ton plus dur.

Par la voix du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, Téhéran a laissé entendre qu’il pourrait se voir contraint de s’acheminer vers la possession de la bombe nucléaire, ce qui constitue une prise de position inédite à ce niveau.

Cela coïncide avec le lancement d’initiatives diplomatiques visant à briser l’impasse actuelle, dont l’un des faits marquants sera la visite officielle dans la capitale iranienne du chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, qui a personnellement joué le rôle de médiateur principal entre les deux parties.

Lors d’une interview accordée samedi soir à la télévision iranienne, M. Rezaï, commentant l’attaque américaine contre l’Iran malgré son adhésion au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), a déclaré que si les engagements internationaux n’empêchent pas de cibler un État, « pourquoi n’irions-nous pas nous aussi vers la bombe nucléaire ? ».

Il a ajouté que « la folie du [président américain Donald] Trump pousse le monde vers la possession de la bombe nucléaire ». Rezaï a également menacé tout pays participant à la « guerre économique » contre l’Iran qu’il ne serait pas autorisé à faire sortir « une seule goutte de pétrole » du détroit d’Ormuz et du Golfe.

Nombreux sont ceux qui ont vu dans les déclarations de Rezaï le signe d’un passage de l’approche iranienne à une posture plus offensive, à un moment où le comportement de Téhéran indique que ce dernier prépare le terrain pour une nouvelle démonstration de force.

À la veille de l’annonce des nouvelles sanctions américaines, aujourd’hui, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié cette démarche de « scénario répété » et d’expression du « banditisme habituel » de Washington, affirmant : « Nous savons comment y faire face et le gérer ». Il a ajouté que « le passage des menaces d’opérations militaires au retour aux mêmes anciens plans révèle un état de confusion et de désespoir ».

Il a souligné qu’« ils doivent comprendre qu’il n’y a d’autre voie que de s’adresser avec respect au peuple iranien et de parvenir à une solution fondée sur la justice et la dignité ».

En parallèle, le porte-parole du Corps des Gardiens de la révolution, Hossein Mohebbi, a confirmé que l’Iran « dispose de scénarios prêts » pour riposter à toute démarche hostile américaine, ajoutant que malgré la guerre économique, son pays « contourne les États-Unis et entretient très facilement ses relations économiques avec les autres pays », faisant référence à l’existence de voies informelles et alternatives utilisées par Téhéran pour maintenir le flux commercial.

Le durcissement du ton iranien a coïncidé avec la diffusion par la chaîne officielle d’images de la visite du chef d’état-major général des forces armées, Ali Abdollahi, dans l’un des centres souterrains de production de missiles balistiques.

M.Abdollahi y a confirmé que la production iranienne « a fortement augmenté » au cours de l’année écoulée, tandis que la chaîne indiquait que « la production de drones kamikazes iraniens a triplé » depuis le début de la guerre qui a duré 40 jours. Il semble que l’objectif de la publication de ce rapport soit d’afficher la préparation militaire iranienne et son insensibilité aux frappes américaines ayant ciblé des installations et des sièges militaires à l’intérieur du pays.

Cependant, parallèlement à cette rhétorique d’escalade, le président iranien, Masoud Pezeshkian, est intervenu hier pour tenter de nouveau de défendre le protocole d’accord signé entre l’Iran et les États-Unis, le considérant comme un point de « consensus » entre toutes les forces, y compris les forces militaires.

Il a déclaré : « Lorsque nous prenons une décision, tout le monde doit se ranger derrière elle et l’exécuter », ajoutant : « Si nous décidons de quelque chose puis le violons, notre voie deviendra chancelante ». Et de poursuivre: « Ils pensaient que s’ils attaquaient l’Iran, il se transformerait en Venezuela, mais au lieu de cela, notre puissance a stupéfié le monde ».

Malgré les pressions américaines et les avertissements iraniens, le général Munir arrive ce lundi à Téhéran pour une visite officielle. Selon les déclarations du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, la visite de Munir s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le Pakistan pour « contribuer au renforcement de la paix et de la sécurité dans la région », tandis qu’il doit s’entretenir avec de hauts responsables iraniens.

Cette démarche intervient alors que le mémorandum d’Islamabad, signé le 18 juin, semble être entré pratiquement en phase d’effondrement, après l’expiration la semaine dernière du délai de soixante jours prévu pour parvenir à un accord définitif, sans qu’une formule de prolongation n’ait été trouvée.

Il reste flou si Munir porte une initiative pakistanaise de désescalade ou un message américain. Mais une chose est sûre : les deux parties, iranienne et américaine, font du surplace dans le même cercle vicieux, chacune pariant sur le facteur temps dans l’espoir que cette attente pousse l’autre à revoir ses calculs.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar