Le chef kurde syrien Mazloum Abdi a annoncé mardi soir la dissolution de ses forces, en application d’un accord avec le président Ahmad al-Charaa.
« Nous annonçons aujourd’hui la fin de la mission des Forces démocratiques syriennes (FDS) et déclarons, en toute responsabilité, leur dissolution en tant que force militaire indépendante », a affirmé M. Abdi dans un discours en arabe puis en kurde.
Il a fait cette annonce au palais présidentiel à Damas après une rencontre avec le président intérimaire, en présence de responsables militaires et politiques kurdes.
Le pouvoir syrien et les Kurdes négociaient depuis des mois l’application d’un accord conclu en janvier, prévoyant l’intégration complète des institutions kurdes dans l’appareil d’Etat.
Selon la télévision officielle syrienne, l’annonce de M. Abdi prévoit également la dissolution de l’administration autonome ainsi que de toutes les structures militaires et civiles qui en dépendent, et leur intégration complète dans les institutions de l’Etat syrien.
M. Abdi a précisé que la dissolution de ses forces intervenait « après l’accord conclu avec le président Charaa et l’achèvement du processus d’intégration de nos forces au sein des brigades de l’armée syrienne ».
« Lourde responsabilité »
« Depuis la création des FDS, leurs combattants ont assumé une grande responsabilité durant l’une des périodes les plus difficiles » pour la Syrie, a fait valoir le chef kurde.
« Ils ont libéré de nombreuses villes et localités syriennes, d’abord du régime baassiste, puis du terrorisme de Daech », a-t-il ajouté, en référence au pouvoir du président déchu Bachar al-Assad.
« Les circonstances ont changé aujourd’hui et le pays est entré dans une nouvelle phase placée sous le signe de la paix et de la participation », a ajouté M. Abdi.
Il a cependant souligné que « le droit à l’enseignement en langue kurde est l’un des droits les plus importants que notre peuple kurde revendique depuis des décennies », rappelant que M. Charaa avait affirmé à plusieurs reprises son engagement à préserver ce droit.
Le président syrien avait signé en janvier un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale, une mesure sans précédent depuis l’indépendance de la Syrie en 1946.
Les médias syriens ont annoncé la nomination d’Abdi comme conseiller aux affaires kurdes auprès de la présidence syrienne, et la nomination d’Ilham Ahmed, chef du département des relations étrangères de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, à un « poste élevé ».
« Absolument historique »: l’envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s’est félicité avec emphase sur X de cette décision qui « ressemble à une véritable intégration (…) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie ».
Elle intervient au lendemain de l’annonce par les Etats-Unis du retrait de la Syrie de la liste des Etats accusés de soutenir le terrorisme, une étape majeure vers la relance économique.
Source : Avec AFP
