jeudi, 27/08/2026   
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Reuters : Washington réexamine son influence en Europe jusqu’aux « structures de renseignement »

L’agence Reuters a révélé un document détaillant les termes de référence d’un réexamen mené par le Pentagone sur le déploiement des forces américaines en Europe. Ce document indique que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, recevra d’ici le 6 novembre au moins quatre séries d’options concernant les effectifs et la répartition des troupes, soit bien avant l’échéance de décembre fixée pour la finalisation de l’évaluation.

Ce réexamen, annoncé en juin et devant durer six mois, suscite des inquiétudes parmi les membres de l’OTAN. Ils craignent qu’il ne prépare le terrain à une réduction massive des troupes américaines déployées en Europe — qui comptent environ 80 000 soldats — ou qu’il ne serve à punir les pays que le président américain Donald Trump estime n’avoir pas apporté un soutien suffisant à la guerre américaino-israélienne contre l’Iran.

Le document, dont les détails n’avaient pas été divulgués auparavant, précise les étapes que le Pentagone suivra et les critères qu’il utilisera pour évaluer le déploiement des forces américaines en Europe. Il prévoit une réunion décisionnelle d’ici le 18 septembre, à laquelle participeront le commandant en chef des forces américaines en Europe et le haut responsable des politiques du Pentagone, Elbridge Colby.

Elbridge Colby devrait mener aujourd’hui des discussions avec les ambassadeurs des pays de l’OTAN au sujet de ce réexamen, au siège de l’Alliance à Bruxelles.

Un haut responsable du Pentagone a déclaré à Reuters que la préparation détaillée de plusieurs séries d’options reflète le sérieux de ce réexamen, ajoutant : « Nous voulons être en mesure de discuter des avantages et des inconvénients de différents niveaux ou configurations de forces. »

Réduction des effectifs en échange d’un plus grand partage du fardeau par les alliés

L’administration Trump exprime depuis un certain temps son souhait de réduire les ressources militaires allouées à l’Europe, en échange d’une prise en charge par les membres de l’Alliance de responsabilités et de fardeaux plus importants qu’auparavant.

Donald Trump a également exprimé son mécontentement face à la dépendance des pays européens vis-à-vis des garanties de sécurité américaines, en contrepartie de ce qu’il considère comme un soutien insuffisant à la guerre contre l’Iran. Ses critiques incluent l’accusation portée contre certains alliés de ne pas accorder — ou de tarder à accorder — les autorisations de stationnement et de survol pour les avions de chasse américains.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a fait preuve d’une compréhension partielle de la frustration de Trump, tout en affirmant que la plupart des pays européens s’étaient montrés coopératifs.

Le responsable du Pentagone a indiqué que l’administration Trump avait clairement signifié l’existence d’une transition « vers la fourniture d’un soutien fondamental plus restreint, les alliés prenant désormais le relais ».

Il a ajouté que Trump « a également exprimé, à juste titre et clairement, sa frustration face aux agissements de certains alliés au cours des derniers mois », soulignant que cela pointe vers des options susceptibles de conduire à une réduction des effectifs militaires américains en Europe.

Il a toutefois précisé que le réexamen ne se limite pas à la réduction des forces, mais vise à « fournir un ensemble d’options allant de notre situation actuelle jusqu’à tout résultat » auquel l’évaluation pourrait aboutir.

Le réexamen dépasse le volume des forces pour évaluer les engagements des alliés

Lors de l’annonce du réexamen en juin, Pete Hegseth avait critiqué certains pays de l’Alliance, estimant qu’ils bénéficiaient des garanties de sécurité américaines sans offrir de contrepartie suffisante. Il avait alors déclaré que la revue définirait clairement les droits de l’armée américaine en matière d’accès, de stationnement et de survol (connus sous le sigle « ABO »).

Cependant, les termes de référence consultés par Reuters vont au-delà de cette question : ils exigent, outre la garantie de droits fiables d’accès aux bases, d’utilisation et de survol des pays alliés, une évaluation des domaines spatial et cybernétique, ainsi que des « structures et infrastructures de renseignement qui permettent aux États-Unis d’exercer leur influence à l’échelle mondiale ».

Le responsable a affirmé que le Pentagone a élargi la définition de l’« ABO » afin de s’assurer que toutes les formes de soutien fournies par les membres de l’Alliance soient prises en compte.

Le document aborde également la capacité des alliés à respecter leurs engagements en matière de dépenses de défense et à combler les lacunes des forces de réaction de l’Alliance, à la suite de l’annonce par les États-Unis d’une réduction de leurs effectifs plus tôt dans l’année.

Un questionnaire américain destiné aux alliés

Dans le cadre de ce réexamen, Reuters rapporte que les États-Unis ont envoyé à leurs alliés un questionnaire couvrant des questions relatives aux dépenses de défense, à la stratégie, aux procédures d’achats militaires et au soutien aux priorités de la politique étrangère américaine, les alliés devant soumettre leurs réponses d’ici vendredi.

Le responsable du Pentagone a qualifié le calendrier de « relativement serré », ajoutant que la réalisation d’un volume important d’analyses en amont aiderait à orienter le processus de réexamen et permettrait aux États-Unis d’agir plus rapidement.

Source : Médias