mercredi, 02/09/2026   
   Beyrouth 21:15

Liban : nouvel audit judiciaire de la Banque centrale

La Banque du Liban (BDL) a annoncé mercredi qu’un cabinet international avait entamé un audit sur des transactions liées à ses avoirs à l’étranger à la suite de l’effondrement économique du pays en 2019, auquel son ancien gouverneur est accusé d’avoir contribué.

L’audit des comptes de la BDL est l’une des conditions posées par le Fonds monétaire international (FMI) avant le déblocage de toute aide internationale au Liban.

L’audit mené par le cabinet Alvarez & Marsal a commencé le 17 août et porte sur la période entre octobre 2019, date du début de l’effondrement économique, et fin 2023, l’année à laquelle a expiré le mandat de l’ancien gouverneur Riad Salamé.

L’audit porte sur « un certain nombre de transactions liées aux avoirs à l’étranger de la banque centrale, y compris des programmes de subventions pour des biens et matériaux essentiels, certains transferts bancaires et transferts au secteur public, ainsi que des crédits liés aux importations de carburant », a-t-elle précisé dans un communiqué.

En mai, la BDL avait indiqué que l’audit porterait notamment sur « le programme de subventions approuvé par les gouvernements successifs de l’époque, qui a impliqué des transferts et des paiements s’élevant à plusieurs milliards de dollars ».

L’audit vise à vérifier que les fonds « ont été utilisés aux fins prévues, sans violation, usage abusif ou détournement de fonds publics », avait-elle précisé.

En août 2023, un audit conduit par le même cabinet avait accablé la BDL et Riad Salamé, poursuivi par la justice au Liban et en Europe  pour détournement de fonds et enrichissement illicite.

Gouverneur de 1993 à juillet 2023, Riad Salamé, étroitement lié à la classe politique libanaise, est accusé par ses détracteurs d’être l’un des principaux responsables de la déroute financière du pays mais a toujours nié toute malversation.

Arrêté en septembre 2024 au Liban, il avait été inculpé dans un dossier distinct pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale, avant d’être libéré en septembre 2025 contre le versement d’une caution record.

Il avait de nouveau été arrêté en juillet dernier dans le cadre d’une plainte déposée par le nouveau gouverneur, Karim Souaid.

Source : AFP