Le Hezbollah a dénoncé le projet de résolution transmis par le ministère libanais des Affaires étrangères à la réunion du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel, concernant la solidarité avec la République libanaise, estimant qu’il implique « une attaque frontale et une remise en cause de l’ensemble des contenus et des engagements du Document d’entente nationale, expression du consensus des Libanais sous parrainage arabe, proclamé à Taëf en 1989 ».
À noter que le ministre Youssef Raggi qui dirige ce ministère est membre du parti anti-Résistance les Forces Libanaises (FL) .
Le député Ibrahim Moussaoui, membre de la Commission des affaires étrangères au Parlement, a estimé que le ministère des Affaires étrangères, « partisan et affilié au gouvernement du Liban », poursuit une « démarche de coup de force contre toutes les dispositions » du Document d’entente nationale.
Il a rappelé que ce document « avait mis fin à la guerre civile au Liban à l’époque et tracé les règles régissant la vie politique interne, les questions de souveraineté, les relations libano-arabes, ainsi que la libération du Liban de l’occupation israélienne ».
Il a souligné que le ministère « a envoyé à la réunion du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel un projet de résolution de solidarité avec la République libanaise ». Ce texte comprend trois articles qui tendent à « entraîner les pays de la région arabe à rouvrir les plaies d’une situation interne libanaise déjà en crise ». Selon lui, il vise à « soutenir une politique de complaisance envers l’ennemi sioniste et à appuyer ce qui annule les clauses de l’Accord de Taëf ».
Cela concerne aussi bien « l’atteinte à l’entente nationale et à la préservation de toutes les composantes du pays » que « l’interdiction des actions de résistance légitime contre l’occupation sioniste du Liban ». Il dénonce enfin « la condamnation des honorables résistants qui ont porté haut le drapeau de la fierté et de la dignité au Liban, dans le monde arabe et islamique ».
M.Moussaoui a ajouté : « Nous condamnons fermement le contenu des articles 2, 3 et 5 en particulier du projet de résolution du ministère des Affaires étrangères, affilié à l’actuel gouvernement de réforme et de salut au Liban. » Il a ainsi appelé les États membres du Conseil ministériel de la Ligue arabe « à la vigilance et à émettre des réserves sur le projet libanais qui leur est présenté ».
L’objectif est, selon lui, « d’éviter de se laisser entraîner dans le piège d’un coup de force contre ce que la Ligue arabe a elle-même adopté et parrainé lors de ses sessions précédentes depuis 1989 concernant le Liban et les Libanais ».
Et M.Moussaoui de conclure : « Au nom du Hezbollah, nous déclarons notre rejet catégorique du projet de discorde proposé à votre Conseil ministériel, et nous soulignons l’orientation suspecte de son contenu, préjudiciable aux principes de la Ligue arabe, à sa charte et à son rôle ».
Il convient de rappeler que le projet élaboré par le ministère libanais des Affaires Etrangères comporte notamment trois articles (les articles 2, 3 et 5) controversés. Ce texte vise l’interdiction de toute activité de résistance armée non étatique face à l’occupation israélienne au Liban, condamne l’action des factions armées autonomes (Résistance) et appelle à consacrer le monopole exclusif des armes aux forces officielles de l’État libanais, un enjeu au cœur de vives tensions politiques internes.
Source : Médias
