Les ministres israéliens Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir ont demandé à Israël de sanctionner la Grande-Bretagne, d’expulser son ambassadeur et de reconnaître la souveraineté de l’Argentine sur les îles Malouines, alors que le gouvernement britannique s’apprête à annoncer une interdiction officielle du commerce avec les colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés.
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé à l’expulsion immédiate de l’ambassadeur britannique en Israël. Il a écrit sur X : « Expulsez l’ambassadeur britannique ce soir ! Nous ne serons pas le paillasson d’un gouvernement antisémite. Le mandat britannique sur la Terre d’Israël est terminé. »
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a publié un message en espagnol sur X, appelant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à riposter en reconnaissant la revendication de l’Argentine sur les îles Malouines : « Il est temps que l’État d’Israël reconnaisse publiquement que les îles Malvinas sont un territoire argentin sous occupation, que les Britanniques volent violemment au peuple argentin. »
L’interdiction commerciale avec les colonies
Cette escalade intervient alors que le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, doit s’adresser mardi aux députés pour annoncer ce qu’il a présenté comme une vaste réorientation des relations du Royaume-Uni avec Israël.
Les mesures prévoient l’interdiction par le Royaume-Uni du commerce de biens et de certains services, notamment le financement et la publicité, provenant des colonies illégales en Cisjordanie occupée, conformément à l’avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de justice.
Les sondages d’opinion en Grande-Bretagne indiquent un large soutien à cette mesure, 46 % des Britanniques étant favorables à une interdiction du commerce avec les colonies, contre 18 % qui s’y opposent, selon un sondage réalisé par Opinium et publié par le Conseil européen des relations étrangères.
Cette décision représente un changement significatif dans la politique britannique à l’égard des colonies, après que Londres a imposé des restrictions et des droits de douane qui distinguaient les produits des colonies des produits israéliens, sans interdiction totale du commerce avec ces derniers, tandis que les nouvelles mesures rendraient illégaux en Grande-Bretagne certains investissements et activités économiques liés aux colonies.
Miliband devrait également réaffirmer le soutien britannique à une solution à deux États et dénoncer les injustices humanitaires à Gaza, en maintenant ses déclarations antérieures selon lesquelles l’armée israélienne a imposé des restrictions injustifiées à l’acheminement de l’aide.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a rejeté ces accusations durant le week-end, tandis que l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a accusé le gouvernement travailliste d’être « gangrené par l’antisémitisme ».
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a informé lundi le président américain Donald Trump ainsi que plusieurs alliés régionaux des mesures envisagées, auxquelles l’administration Trump s’oppose fermement.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a averti que « Si la Grande-Bretagne agit contre Israël, Israël agira contre la Grande-Bretagne », signe d’un approfondissement des tensions diplomatiques.
Source : Médias
