mercredi, 09/09/2026   
   Beyrouth 07:55

Un nouveau front de pression contre Téhéran : Le dossier iranien… vers le Conseil de sécurité

Alors que les affrontements entre l’Iran et les États-Unis s’intensifient dans le détroit d’Ormuz, les pays occidentaux s’activent pour faire adopter, lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), une résolution prévoyant le renvoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette démarche, qui vise à accentuer la pression sur Téhéran, risque de faire monter la tension d’un cran et de fournir un prétexte supplémentaire au lancement de nouvelles attaques ciblées contre les installations nucléaires iraniennes.

Comme à l’accoutumée, la session trimestrielle du Conseil des gouverneurs — qui s’est ouverte lundi à Vienne et se poursuit jusqu’à vendredi — place le dossier nucléaire iranien au sommet de son ordre du jour, à travers un projet de résolution soumis par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne.

La disposition clé de ce texte réside dans la saisine du Conseil de sécurité, une procédure déjà mise en œuvre il y a près de vingt ans et qui avait ouvert la voie à l’adoption de résolutions internationales accompagnées de sanctions à grande échelle contre Téhéran.

Cependant, le prétexte majeur avancé cette fois-ci repose sur le refus d’accorder à l’AIEA l’accès aux sites nucléaires iraniens depuis les premières frappes américano-israéliennes contre la République islamique en juin 2025.

Par conséquent, l’Agence se trouve dans l’incapacité de vérifier la situation de quelque 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % détenus par l’Iran — une quantité jugée suffisante pour fabriquer environ dix bombes atomiques.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré aux journalistes que « l’Agence n’a pas été en mesure de présenter un nouveau rapport au Conseil de sécurité en raison du défaut d’accès aux installations nucléaires iraniennes », prévenant que « le manque de coopération de l’Iran aura des conséquences pour le pays ».

Il a ajouté que « la voie la plus efficace et la plus rapide pour parvenir à un résultat positif réside dans un engagement direct de l’Iran à nos côtés ».

Concernant la portée de la nouvelle résolution sur les efforts de contrôle, Grossi a estimé que cette démarche traduit « la position collective de la communauté internationale », indépendamment de ses répercussions sur le dossier.

En riposte, l’Iran, qui martèle constamment le caractère pacifique de son programme nucléaire, a qualifié la présentation de ce projet de résolution condamnatoire devant le Conseil des gouverneurs de « politique et provocatrice ».

Téhéran explique que l’impossibilité pour l’AIEA d’accéder à ses sites est la conséquence directe des attaques militaires menées contre ces infrastructures, lesquelles ont obstrué les voies d’accès.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a perçu dans « ce projet de résolution une manœuvre visant à exercer une pression politique sur son pays », avertissant que « l’Iran adoptera des mesures de rétorsion en cas d’adoption du texte par le Conseil des gouverneurs ».

Pour sa part, le président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère au Parlement, Ebrahim Azizi, a mis en garde contre le vote de la résolution, soulignant que son pays dispose de « leviers puissants pour faire face au Conseil des gouverneurs et au Conseil de sécurité, qu’il actionnera au moment opportun — des capacités qui entraîneront des mesures irréversibles ».

Téhéran accuse depuis longtemps Rafael Grossi de créer les conditions d’un durcissement des pressions en publiant des rapports « partisans » et « non techniques », tout en accusant les inspecteurs de l’AIEA d’« espionnage » au profit d’Israël.

Les dirigeants iraniens estiment en outre que l’Agence devrait condamner les attaques visant leurs installations nucléaires, l’Iran étant signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Dans un contexte où l’affrontement militaire entre l’Iran et les États-Unis atteint son paroxysme dans le détroit d’Ormuz, le renvoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité risque de provoquer une escalade supplémentaire, bien que la perspective de voir le Conseil adopter des mesures contraignantes contre Téhéran reste improbable en raison du veto quasi certain de la Russie et de la Chine.

Néanmoins, l’une des répercussions possibles de cette résolution au Conseil des gouverneurs serait de fournir une justification à une nouvelle attaque américaine contre les installations nucléaires iraniennes, en particulier le site de « Jabal al-Fas » près d’Ispahan.

Ce complexe fait l’objet de vives spéculations et le président américain Donald Trump a maintes fois menacé de le bombarder.

L’Iran soutient que ces installations, fortement protégées et résistantes en raison de leur implantation au cœur de montagnes rocheuses, sont destinées à la fabrication de centrifugeuses, tandis que les milieux occidentaux véhiculent des accusations selon lesquelles elles serviraient à l’enrichissement d’uranium.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar