jeudi, 10/09/2026   
   Beyrouth 19:26

« Là où ils mettent le pied, le sang coule ». Alger rompt ses relations diplomatiques avec les EAU

L’Algérie a annoncé jeudi la rupture de ses relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis, après des années de tensions durant lesquelles Alger a régulièrement accusé Abou Dhabi d’ingérence.

L’Algérie a pris cette décision « après avoir épuisé tous les moyens susceptibles de préserver les relations bilatérales », a indiqué la télévision publique.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune accuse régulièrement les Emirats de mener une action déstabilisatrice dans plusieurs pays de la région.

« Là où ils mettent le pied, le sang coule », a-t-il récemment affirmé lors d’une interview télévisée, qualifiant les Emirats d' »Etat minuscule » à l' »impact très négatif ».

« Tout ce que l’Algérie souhaite, c’est que cet Etat s’éloigne, pour que le sang ne coule pas chez nous », avait-il ajouté.

Il avait précisé qu’une rupture diplomatique serait intervenue depuis longtemps sans la volonté d’Alger de ne pas aggraver les divisions entre pays arabes.

En juillet dernier, le président Tebboune a déclaré que les relations de son pays avec tous les États du Golfe étaient chaleureuses, à l’exception d’un seul , faisant ainsi une allusion voilée aux Émirats arabes unis.

Il a qualifié les relations avec l’Arabie saoudite, le Koweït, Oman et le Qatar de « fraternelles », tout en accusant un pays non nommé de s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Algérie et de chercher à la déstabiliser.

Le ministère algérien des Affaires étrangères a pour sa part déclaré : « Face aux actions provocatrices ou hostiles de plus en plus fréquentes des Émirats arabes unis, l’Algérie a fait preuve d’une grande retenue et d’un sens aigu des responsabilités et, dans le plein respect des principes qui régissent les relations entre États, n’a ménagé aucun effort pour attirer l’attention de la partie émiratie et l’avertir des graves conséquences que pourrait entraîner son comportement regrettable et injustifié. »

Le communiqué poursuit : « Malgré ces nombreux avertissements, les Émirats arabes unis ont persisté dans ces actions, qui ont atteint un point où elles ne peuvent plus être considérées comme acceptables ou tolérables dans le cadre des relations entre deux États souverains, ni rester sans réponse. »

Dans son annonce initiale, l’Algérie n’a pas précisé les raisons exactes de cette décision. Celle-ci intervient après une période de tensions politiques et médiatiques entre les deux pays, marquée par des critiques algériennes répétées à l’encontre d’Abou Dhabi et des accusations selon lesquelles ce dernier « jouerait un rôle » que l’Algérie jugeait préjudiciable à la stabilité régionale.

Des médias algériens proches des autorités accusent Abou Dhabi d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie et de ses voisins en Libye et au Sahel africain.

L’un des facteurs clés pour comprendre l’escalade des tensions entre l’Algérie et les Émirats arabes unis pourrait être la position d’Abou Dhabi sur la question du Sahara occidental, point central du conflit algéro-marocain depuis des décennies. En novembre 2020, les Émirats arabes unis ont ouvert un consulat général à Laâyoune, devenant ainsi le premier pays arabe à établir une présence diplomatique dans les provinces méridionales du Royaume. Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a par la suite affirmé que l’ouverture de ce consulat témoignait d’un soutien indéfectible à l’intégrité territoriale du Maroc.

Source : Divers