vendredi, 25/09/2026   
   Beyrouth 19:45

Salam à l’ONU : il faut établir un calendrier pour la mise en œuvre de l’accord-cadre. Personne ne négocie au nom du Liban

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a souligné que le Liban est aujourd’hui confronté à des défis cruciaux, insistant sur le fait que seul l’État est responsable de négocier au nom du Liban et appelant à la fixation d’un calendrier pour la mise en œuvre de l’accord-cadre avec l’entité ennemie.

Salam a déclaré à l’Assemblée générale des Nations Unies que le gouvernement a assumé ses responsabilités soulignant que le Liban est confronté à trois défis majeurs à savoir: « rétablir la confiance du peuple après l’effondrement financier et l’explosion du port de Beyrouth, rétablir le pouvoir de décision national en confiant le pouvoir, les armes et la décision de guerre et de paix aux institutions constitutionnelles, et restituer tout le territoire libanais occupé par Israël et étendre la souveraineté de l’État sur celui-ci, en application de l’Accord de Taëf et dans le respect des résolutions internationales pertinentes, en particulier la résolution 1701. »

Il a souligné que « personne ne parle au nom du Liban, et personne ne négocie en son nom, si ce n’est l’État libanais par l’intermédiaire de ses institutions constitutionnelles ».

« Le fait que le Liban soit affecté par ce qui se passe dans son environnement ne signifie pas qu’il accepte de redevenir un théâtre de conflits ou un moyen de pression entre les mains d’autrui », a-t-il souligné.

Cessez-le-feu et retrait israélien

Salam a souligné que la position du Liban sur la guerre était claire depuis le début : « il fallait y mettre fin, établir un cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël de tout le territoire libanais jusqu’aux frontières internationalement reconnues, conformément à l’accord d’armistice de 1949 et à la résolution 1701, ainsi que la libération de tous les prisonniers, le retour des populations dans leurs villages et leurs villes et la reconstruction de ce que la guerre avait détruit. »

Il a souligné que « la souveraineté à laquelle nous adhérons est indivisible : elle exige le retrait d’Israël de tout le territoire libanais et l’extension par l’État libanais de son autorité, avec ses propres forces, sur l’ensemble de son territoire, ainsi que la limitation du nombre d’armes entre ses seules mains. C’est sur ces deux principes, et sur les deux fondements de réciprocité et de gradualisme, que repose le cadre tripartite issu des négociations. »

Il a fait valoir que « le succès de tout accord ne se mesure pas aux intentions déclarées, mais à la mise en œuvre des engagements », appelant à « l’achèvement de la traduction de ce cadre en mesures concrètes, dans un calendrier précis, et à un mécanisme de vérification qui garantisse la mise en œuvre de toutes ses dispositions ».

La reconstruction du sud

Salam a mis en garde contre le vide qui pourrait résulter du retrait de la Force intérimaire des Nations Unies pour le Liban (FINUL) sans accord sur une nouvelle force internationale pour la remplacer, assurer la continuité des tâches de surveillance, de compte rendu et de communication, et compléter les exigences de mise en œuvre du cadre tripartite.

Il a souligné que la restitution du territoire ne se limite pas au retrait des forces d’occupation, mais comprend également le retour de ses habitants et le rétablissement de la vie dans les villages et les villes.

Dans ce contexte, Salam a appelé à la poursuite du financement international pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes touchées, en particulier des personnes déplacées, parallèlement aux exigences en matière de relèvement rapide, de reconstruction et de développement.

Il a déclaré que « la reconstruction du Sud ne se résume pas à rebâtir des pierres, il s’agit de reconstruire la vie des gens, de restaurer leurs moyens de subsistance et d’établir leur droit de vivre en sécurité et dans la dignité sur leurs terres. »

Salam a conclu en soulignant que « le Liban, qui se tient aujourd’hui devant vous, ne se dérobe pas à ses responsabilités et ne demande pas aux autres de faire ce qu’il devrait faire. »

Source : Médias