lundi, 19/10/2026   
   Beyrouth 11:03

Une saison trempée de sang : plus d’un million de dollars de pertes pour l’olive en Cisjordanie

La saison de la cueillette des olives en Cisjordanie occupée n’est plus cette occasion nationale et communautaire où les familles palestiniennes se réunissaient sous les arbres pour célébrer l’abondance et améliorer leurs conditions de vie. Sous le coup des attaques des colons et de l’armée d’occupation, elle s’est transformée, de rendez-vous de joie et de subsistance, en journées empreintes de peur, de douleur et de sang.

En lieu et place de la fumée de la cuisine et des théières, la fumée s’élève désormais d’un verger à l’autre à la suite de l’incendie et de l’arrachage des arbres, sans compter le vol des récoltes, l’interdiction directe d’accéder aux terres, les tir à balles réelles, les passages à tabac, les arrestations et l’expulsion des agriculteurs.

Bien que ces derniers aient devancé la date officielle de la saison pour sauver ce qui pouvait l’être, la multiplication et la fréquence de ces agressions témoignent d’un plan orchestré pour transformer la récolte en une épreuve funèbre.

Rien qu’en une journée, 40 attaques ont été répertoriées à travers la plupart des gouvernorats de Cisjordanie, incluant la coupe de plus de 120 arbres et la destruction de 10 dunams appartenant à la famille Abu Dayyeh dans le village de Kisan.

Sur le plan économique, le ministère palestinien de l’Agriculture a annoncé que les pertes agricoles directes causées par les agressions de l’occupation et des colons s’élevaient à environ 1,19 million de dollars en une semaine seulement (entre le 8 et le 15 octobre).

Parmi celles-ci, 1,096 million de dollars de dégâts résultent de l’endommagement de 2 382 oliviers coupés, déracinés ou brûlés, auxquels s’ajoutent des dommages causés aux vignes, aux amandiers, aux installations et équipements agricoles ainsi qu’au cheptel, parallèlement à l’enregistrement de 136 agressions liées à la saison durant la première moitié du mois.

Face au désintéressement international habituel, souvent limité à des déclarations de condamnation formelles envers l’expansion des milices de colons, l’élargissement des attaques à une délégation diplomatique européenne dans le village d’Al-Taybeh, ainsi que le passage à tabac violent de la journaliste et photographe américaine Heidi Levine (photographe pour le journal Washington Post) par des colons cagoulés dans le village d’Abu Falah, ont provoqué des réactions et des pressions diplomatiques vivement courroucées.

La France a ainsi demandé la poursuite des responsables en justice, tandis que l’ambassadeur américain a qualifié l’agression d’acte terroriste.

Source : Médias