lundi, 19/10/2026   
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France : Rima Hassan comparaît à Paris pour « apologie du terrorisme »

L’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan a comparu lundi devant la justice à Paris pour « apologie du terrorisme », dans une affaire liée à la publication sur les réseaux sociaux de propos de Kozo Okamoto, ancien membre de l’Armée rouge japonaise, exprimant son soutien à la Palestine.

Accompagnée de son avocat Vincent Brengarth, l’élue de La France insoumise (LFI) s’est présentée au tribunal judiciaire de Paris pour assister à l’audience.

Rima Hassan avait été placée en garde à vue le 2 avril dans le cadre d’une enquête menée par le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), avant que le parquet de Paris n’annonce son renvoi devant la justice pour « apologie du terrorisme ».

S’exprimant devant la presse, son avocat Vincent Brengarth a dénoncé une procédure mettant en cause la liberté d’expression de sa cliente.

« On cherche à bâillonner l’expression de Madame Rima Hassan », a-t-il déclaré.

« Ce qui se joue derrière ces procédures, c’est la liberté d’expression de Madame Rima Hassan. Ce qui se joue, c’est la liberté d’expression d’une élue de la nation qui prend des positions extrêmement courageuses », a-t-il poursuivi.

L’avocat a également rappelé que les positions de l’eurodéputée à l’égard d’Israël étaient « parfaitement connues », estimant que cette affaire soulevait des enjeux plus larges concernant sa participation au débat public.

Vincent Brengarth a par ailleurs évoqué des interrogations concernant la constitution de parties civiles dans la procédure, indiquant que la défense ne disposait pas encore de toutes les précisions sur leur participation à l’audience.

Une procédure marquée par une polémique sur des fuites

Cette comparution intervient alors que Rima Hassan a également déposé plainte pour des fuites présumées survenues pendant sa garde à vue du 2 avril.

La plainte vise notamment le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, après des révélations du Canard enchaîné faisant état d’échanges avec des journalistes pendant la procédure.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violation du secret de l’enquête, évoquant « la temporalité et le degré de précisions des informations publiées dans les médias au cours même de la garde à vue et avant toute communication légale ».

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a également annoncé avoir saisi l’Inspection générale de la justice afin de faire la lumière sur ces faits.

De son côté, Sacha Straub-Kahn conteste les accusations, qu’il qualifie d’« allégations mensongères », et affirme que ses échanges avec les journalistes n’abordent jamais le fond des dossiers. Il a également annoncé avoir déposé plainte pour diffamation.

L’affaire a suscité des tensions politiques entre le gouvernement et le mouvement politique La France insoumise (LFI), sur fond d’interrogations concernant le respect du secret de l’enquête et les conditions dans lesquelles les informations relatives à la garde à vue de l’eurodéputée ont été rendues publiques.

Source : Anadolu