Sur le front de Taëz, les autorités locales affiliées à Sanaa ont accordé un nouvel ultimatum de 72 heures aux combattants fidèles à l’Arabie saoudite pour se rendre, confirmant ainsi le maintien en vigueur du décret d’amnistie générale pour tous les individus armés souhaitant cesser le combat.
Selon le correspondant du journal libanais al-Akhbar au Yémen, cette décision fait suite au départ de la ville, accompagnés de leurs familles et de leurs escortes, d’un groupe de hauts gradés militaires pro saoudiens, dont le chef d’état-major de la 5e brigade de la Garde présidentielle, le général de brigade Abdul Hakim Dukum, et le fils du chef d’état-major de la 145e brigade et l’un de ses officiers, Asim Hamoud al-Asbahi.
Selon des sources locales, « plusieurs militaires à Taëz ont fait part de leur compréhension de la situation militaire et ont préféré rester en ville tout en suspendant leurs activités ».
Ces mêmes sources ont rapporté que des escarmouches ont éclaté sur plusieurs axes autour de Taëz et de ses entrées, en particulier sur le front ouest, notamment aux alentours de l’aéroport, de la 30e rue, du quartier général de la 35e brigade et dans les secteurs d’al-Jabali, d’Aqqaqa et de Gharab.
Raids saoudiens sur Taëz
Alors que Sanaa, de concert avec des médiateurs, s’efforce d’épargner Taëz des combats, l’aviation saoudienne poursuit ses frappes aériennes sur les quartiers de la ville conquises par les forces de Sanaa. Quelques heures après avoir ciblé un centre de détention des services de sécurité dans le district de Jabal Habashi, entraînant la mort de plusieurs détenus, l’aviation saoudienne a mené, avant-hier soir, une série de raids aériens contre plusieurs zones, dont Al-Zakira et Al-Masahin dans le district d’Al-Shamaytain.
Menaces contre les tribus
Jeudi, le porte-parole des forces de Sanaa a répondu « aux menaces saoudiennes contre les tribus yéménites », lancées depuis deux jours.
« La menace de l’Arabie saoudite de cibler les tribus yéménites ne restera pas impunie », a-t-il dit, avertissant que « les conséquences seront catastrophiques et imprévisibles ».
Mercredi, le ministère de la Défense du gouvernement d’Aden, soutenu par l’Arabie saoudite, avait publié un communiqué mettant en garde contre toute mobilisation tribale, menaçant de bombarder « tous les rassemblements tribaux ».
Une source tribale à Sanaa a commenté cette déclaration auprès d’Al-Akhbar, affirmant que « la menace de cibler les tribus sur leur propre territoire, lancée par le ministère de la Défense d’Aden, a été émise à la demande de l’Arabie saoudite », considérant ce communiqué comme « une déclaration de guerre contre les tribus, qui répondront à cette menace dans tous les gouvernorats et districts, et sur les champs de bataille ».
La source a indiqué que « les forces de réserve tribales comptent plus d’un million de combattants et seront présentes lors des prochains affrontements ».
Tandis que des tribus organisaient des manifestations armées à Sanaa et dans plusieurs gouvernorats contrôlés par Ansarullah, déclarant leur rejet de l’agression et leur soutien aux opérations militaires en profondeur en Arabie saoudite et sur le territoire national, les observateurs ont noté que la menace aux tribus est un aveu d’échec de l’Arabie saoudite d’avoir pu pénétrer le système tribal dans les gouvernorats sous le contrôle du gouvernement de Sanaa, rapporte al-Akhbar.
Démenti saoudien
Ce vendredi, le porte-parole officiel des forces de la coalition, le général de division Turki, s’est démarqué des menaces proférées aux tribus, déclarant que « ces affirmations visaient à induire l’opinion publique en erreur »
Le ministre de la Défense du gouvernement d’Aden soutenu par l’Arabie saoudite, Taher al-Aqili, avait auparavant présenté ses excuses pour ces menaces qui avaient été relayées par les chaînes saoudiennes Al Arabiya et Al Hadath.
En outre, Mohammed Al-Farah, membre du bureau politique d’Ansarullah, a rapporté vendredi que plus de 145 soldats et officiers saoudiens avaient été tués ou blessés sur les fronts frontaliers de Jizan et Asir.
Il a indiqué que Hamza Salem Al-Turki, le commandant de la compagnie pro saoudienne dans la « Troisième Division des Géants » a été tué.
Jeudi, le général Saree avait rendu compte de quatre opérations contre l’Arabie saoudite, dont une contre le ministère de la Défense à Riyad.
Source : Médias
