La présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a dénoncé dimanche les violences attribuées à des groupuscules d’extrême droite lors des manifestations organisées la veille à travers la France, affirmant que ces incidents avaient été recensés dans 14 villes.
« Il faut arrêter ces groupuscules d’extrême droite », a-t-elle ajouté.
Ses déclarations interviennent au lendemain d’une nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d’achat et la défense des services publics, qui a rassemblé 410 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur, 800 000 selon les organisations syndicales.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait lui-même reconnu samedi la présence de militants d’ultra droite dans au moins deux villes, Nice et Montpellier, affirmant qu’ils cherchaient à affronter des militants d’ultragauche ou à protéger eux-mêmes les commerces.
Si les cortèges se sont déroulés dans un climat globalement plus calme que lors des manifestations du 17 octobre, Mathilde Panot a refusé de saluer la gestion du mouvement par le gouvernement.
Elle a notamment rappelé que les mobilisations se poursuivaient depuis plus d’un mois, évoquant le mouvement lycéen entamé le 17 septembre dans l’Hexagone et dès la fin août en Outre-mer.
« S’ils sont dans la rue depuis plus d’un mois, c’est d’abord pour des revendications. Or, le gouvernement n’a pas répondu aux revendications », a-t-elle affirmé.
Des violences signalées dans plusieurs villes
À Nice, selon la préfecture des Alpes-Maritimes, une centaine de militants d’ultra droite masqués ont convergé samedi vers le centre-ville pour affronter physiquement les manifestants.
Malgré l’intervention des forces de l’ordre pour empêcher les deux groupes d’entrer en contact, des affrontements ont éclaté près du Vieux-Nice, faisant trois blessés légers.
Le parquet de Nice a annoncé dimanche que 59 personnes avaient été placées en garde à vue, dont 11 individus susceptibles d’appartenir à la mouvance d’ultra droite.
Le maire de Nice, Éric Ciotti, allié du Rassemblement national (RN), a condamné « avec la plus grande fermeté » les agressions commises par des militants d’ultra droite contre les manifestants, estimant que leurs auteurs devaient répondre de leurs actes devant la justice.
À Montpellier, dans le sud du pays, une vingtaine de personnes ont tenté à plusieurs reprises d’affronter les manifestants, selon France 3 Occitanie. Des images diffusées par un photographe indépendant montrent plusieurs hommes frappant des manifestants en présence des forces de l’ordre, qui ne seraient intervenues qu’après une riposte de ces derniers.
Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a dénoncé une « milice d’extrême droite » ayant fait « usage de la force contre des manifestants ». Il a annoncé dimanche son intention de saisir le procureur de la République après avoir reçu plusieurs vidéos des violences.
À Rouen, dans le nord-ouest de la France, le média Blast a également rapporté des agressions contre des manifestants, attribuées à des militants d’extrême droite.
Selon la préfecture de Seine-Maritime, 30 personnes ont été interpellées pour des faits notamment liés au port d’armes, à la participation à des groupements et à la dissimulation du visage. Trois personnes ont été légèrement blessées, dont un policier.
À Lyon, un groupe de jeunes hommes au visage dissimulé a été aperçu scandant des slogans nationalistes dans le centre-ville, selon l’AFP. Le quotidien régional Le Progrès a également rapporté des témoignages faisant état de saluts nazis, des images que la préfecture du Rhône a indiqué examiner.
Source : Agence
