La Russie a annoncé que le volume de ses échanges commerciaux avec les pays africains a dépassé les 27 milliards de dollars en 2025, porté par une hausse de ses exportations de céréales et d’engrais vers le continent. Cette annonce intervient alors que Moscou se prépare à accueillir le troisième sommet Russie-Afrique, auquel participeront 48 pays, dont 22 seront représentés au niveau des chefs d’État.
Iouri Ouchakov, conseiller du président russe, a déclaré lundi que la coopération économique avec le continent africain connaît une expansion continue, soulignant que le secteur agricole et la sécurité alimentaire constituent l’un des piliers du partenariat entre les deux parties. Selon l’agence de presse russe TASS, il a précisé que les exportations russes d’engrais minéraux vers les pays africains ont atteint 1,5 million de tonnes en 2025, et ont dépassé les 2,2 millions de tonnes au cours de l’année actuelle.
Il a ajouté que la Russie a exporté plus de 18 millions de tonnes de céréales vers l’Afrique l’an dernier, auxquelles s’ajoutent 13 millions de tonnes supplémentaires durant les neuf premiers mois de 2026.
Un sommet Russie-Afrique avec la participation de 48 pays
La capitale russe, Moscou, accueille ce mercredi et ce jeudi le troisième sommet Russie-Afrique. Selon Iouri Ouchakov, des représentants de 48 pays africains y prennent part, dont 22 sont représentés par leurs chefs d’État. Le président russe, Vladimir Poutine, doit participer à ce sommet, qui portera sur les moyens d’élargir la coopération dans les domaines de l’économie, du commerce et des investissements, ainsi que sur des questions liées à l’énergie, à l’agriculture, à la sécurité et à la technologie. Le sommet devrait également donner lieu à la signature de plusieurs accords bilatéraux, et sera ponctué de rencontres entre le président russe et divers dirigeants africains, visant à développer les relations et à renforcer la coopération dans des secteurs variés.
Ce sommet fait suite à deux précédentes réunions organisées par la Russie — à Sotchi en 2019 et à Saint-Pétersbourg en 2023 — et s’inscrit dans les efforts déployés par Moscou pour étendre ses relations politiques et économiques avec les pays du continent.
Moscou renforce sa présence diplomatique en Afrique
Ouchakov a révélé que la Russie a étendu sa présence diplomatique en Afrique depuis 2022, en ouvrant trois ambassades — au Soudan du Sud, en Gambie et aux Comores — et en rétablissant les activités de cinq missions diplomatiques au Burkina Faso, en Guinée équatoriale, au Nigeria, en Sierra Leone et au Togo, selon les données qu’il a présentées.
Il a par ailleurs souligné la poursuite de la coopération avec les nations africaines au sein des instances internationales, notamment aux Nations unies, sur des dossiers tels que la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et la cybercriminalité.
Moscou cherche à consolider ses partenariats avec les pays africains dans les secteurs du commerce, de l’énergie, des infrastructures et de la coopération sécuritaire, tout en développant simultanément sa représentation diplomatique sur le continent. La Russie prévoit une hausse de 28 % de la demande mondiale de gaz
Concernant le secteur de l’énergie, Ouchakov a souligné l’importance de renforcer la coopération entre les pays exportateurs de gaz naturel, dans un contexte où la demande mondiale de gaz devrait augmenter de 28 % d’ici 2055. Il a précisé que la demande mondiale devrait passer d’environ 4,2 billions de mètres cubes actuellement à 5,4 billions de mètres cubes, ce qui nécessite d’accroître les investissements et de garantir la stabilité des approvisionnements.
Il a noté que l’industrie gazière mondiale est confrontée à des défis croissants, exacerbés par les tensions au Moyen-Orient, les attaques contre les gazoducs russes « Nord Stream », ainsi que par les restrictions occidentales imposées sur l’achat de gaz, d’équipements et de technologies. Selon lui, ces défis exigent la « mise en place d’une plateforme de dialogue professionnel, à l’abri des tiraillements politiques », affirmant que le Forum des pays exportateurs de gaz constitue un cadre approprié pour renforcer la coordination entre les nations productrices.
Ouchakov a insisté sur le fait que la Russie — qui détient les plus grandes réserves prouvées de gaz naturel au monde et occupe le deuxième rang mondial en termes de production — considère la stabilité des approvisionnements comme une condition indispensable pour répondre à la demande mondiale croissante.
Sommet des pays exportateurs de gaz à Moscou
Moscou accueille, ce mardi, le huitième sommet du Forum des pays exportateurs de gaz, avec la participation de représentants des États membres et des pays observateurs, afin d’examiner l’évolution des marchés de l’énergie et les défis auxquels est confronté le secteur gazier mondial. Le sommet devrait aboutir à la « Déclaration de Moscou », qui devrait aborder l’importance du gaz naturel pour la sécurité énergétique mondiale, la stabilisation des marchés, ainsi que le développement de la coopération entre les pays producteurs dans les domaines de la technologie et de l’investissement.
La tenue, au cours d’une même semaine, des réunions russo-africaines et du sommet sur le gaz s’inscrit dans le cadre des démarches diplomatiques et économiques de Moscou visant à renforcer ses relations internationales et à élargir sa coopération dans les secteurs de l’alimentation, de l’énergie et du commerce.
Source : Médias
