Le chef du Conseil exécutif du Hezbollah, le cheikh Ali Daamoush, a affirmé que la résistance se poursuivra tant que l’occupation perdurera assurant que ses armes sont destinées à libérer le pays.
Lors de l’inauguration de l’exposition « Ma Terre », organisée dans la banlieue sud de Beyrouth, cheikh Daamoush a déclaré que « la résistance était prête, après la libération du pays, le retour des habitants et la reconstruction, à un dialogue interne avec tous ceux qui se soucient du pays, afin de discuter des meilleures façons, pour la nation, de le protéger. »
Cheikh Daamoush qui s’est penché sur les développements politiques israéliens a dit : « Beaucoup attendaient les résultats des élections israéliennes et en avaient fait un événement sur lequel se fondaient les attentes concernant le comportement futur d’Israël au Liban et dans la région…
Selon lui, tous les hommes politiques israéliens « sont d’accord sur les guerres d’extermination, sur la politique d’occupation, sur la privation des droits du peuple palestinien et la poursuite de l’agression contre le Liban… En ce qui nous concerne, nous ne voyons aucune différence entre tel camp ou tel autre, ni entre telle tendance ou telle autre. »
Et de poursuivre : « ce qui nous importe est d’expulser l’occupant de notre terre, de mettre fin à l’agression contre notre pays, de libérer nos prisonniers et de permettre à notre peuple de retourner dans ses villages et de les reconstruire ».
Il a expliqué que « la décision de faire la guerre dans la région a toujours été entre les mains des États-Unis d’Amérique et de l’ennemi sioniste, tandis que nos peuples et nos pays dans notre région sont en position de défense quant à leur existence et exercent leur droit légitime à la légitime défense en réaction populaire à l’occupation. »
Il a ajouté que « ces peuples ont consenti des sacrifices pour défendre leurs pays et que leur décision découlait de leur volonté et de leur attachement aux intérêts de leurs nations, bénéficiant du soutien indirect apporté par la République islamique d’Iran pour libérer le territoire et repousser l’agression. »
Echec de l’option politique
Cheikh Daamoush estime « qu’après l’échec de l’option politique à laquelle les autorités libanaises avaient eu recours, par le biais de négociations directes et de l’accord-cadre, la voie disponible consiste à accumuler des forces internes, à revenir au langage de la compréhension nationale et à s’appuyer sur l’équation régionale que l’Iran s’efforçait d’établir dans la région.
Il est dans l’intérêt du Liban de participer à cet alignement et d’établir les meilleures relations possibles avec la République islamique d’Iran, appelant chacun à prendre conscience des changements survenus dans la région et à en tirer profit pour le bien du pays. »
Concernant les relations avec l’État libanais, cheikh Daamoush a déclaré : « l’État a des droits et des devoirs, aucune autorité qui le dirige ne peut violer les fondements sur lesquels repose le Liban, pays gouverné par la coexistence et le consensus entre ses citoyens… L’existence d’un État fort et bienveillant qui assume ses responsabilités et protège ses citoyens est une évidence et une exigence constante. Mais les Libanais n’ont pas encore trouvé le moyen de construire un État bienveillant et protecteur, ce qui a contraint une grande partie d’entre eux à assumer les responsabilités qui leur incombent, notamment la résistance à l’occupation.
Lorsqu’il y a occupation du territoire et atteinte à la souveraineté, et que l’État est incapable de remplir son devoir, il est naturel que le peuple prenne l’initiative de le défendre et de fournir les moyens de pression, parmi lesquels les armes sont primordiales…
Il n’est pas juste d’insister sur l’affirmation selon laquelle les armes doivent être exclusivement entre les mains de l’État, alors que l’occupation est enracinée sur notre territoire, que l’État est incapable de l’expulser et que toutes ses concessions n’ont pas permis de libérer un pouce de terre. »
Ingérence américaine
Cheikh Daamoush a accusé l’administration américaine d’aller trop loin dans son ingérence dans les affaires libanaises.
« Nombre des décisions et mesures prises par les autorités libanaises résultaient de pressions américaines et étaient prises au profit de l’entité sioniste… Le gouvernement libanais doit revoir son bilan et ses choix, se référer aux textes de la constitution, aux lois et aux traités internationaux qui régissent les principes des relations entre les pays et le fonctionnement des ambassades étrangères, et défendre la souveraineté nationale face à l’empiètement américain sur le Liban.
Il doit agir dans l’intérêt national et mettre fin à l’ingérence américaine flagrante dans la vie quotidienne des Libanais. Nous n’accepterons pas la violation de la souveraineté libanaise et l’ingérence américaine dans les affaires intérieures, et nous rejetons la tentative de s’emparer de la vie politique et de transformer le Liban en un protectorat américain. »
Il a mis en garde contre le discours d’incitation à la haine contre la résistance et sa communauté qui a atteint des niveaux inacceptables.
« Il menace désormais l’unité interne et la formule de la coexistence. Certaines forces politiques méprisent la charte, la constitution, les lois et les principes de communication, et insistent pour attiser les conflits sectaires et semer la peur entre les Libanais par des discours de haine et l’aliénation, dans le but de les diviser selon leurs affiliations sectaires et religieuses.
Ces forces tentent de raviver leurs vieux rêves d’un mini-État sectaire, et que ce faisant, elles se heurtent au projet israélien visant à détruire la société et à créer des mini-États sectaires et religieux qui se livrent une lutte intestine. »
