Une juge fédérale américaine a ordonné vendredi au ministère de la Justice et à celui de la Sécurité intérieure d’arrêter les pressions sur les agents électoraux, sur fond d’accusations de fraude électorale à l’approche des élections de mi-mandat.
En mauvaise posture dans les sondages, le camp républicain du président américain, Donald Trump, risque de perdre sa majorité au Congrès à l’issue du scrutin mardi.
Depuis des mois, Trump, qui n’a jamais reconnu sa défaite face à Joe Biden en 2020, assure qu’il y aura de la triche lors des élections parlementaires. L’octogénaire accuse notamment certains États démocrates de fausser leurs résultats en laissant voter des non-Américains.
Si de rares cas existent, ces erreurs sont anecdotiques et n’influencent pas les résultats.
L’une des cibles privilégiées de Donald Trump, républicain, est la Californie, bastion démocrate : son gouvernement a accusé l’État d’abriter 190.000 électeurs « illégaux », avant de revoir ce nombre à 20.000.
L’administration Trump a demandé aux autorités californiennes de mettre à part les bulletins d’environ 20.000 électeurs, menaçant les agents électoraux récalcitrants de poursuites.
Une juge de San Francisco, Trina L. Thompson, a donc ordonné vendredi d’arrêter ces pressions.
« Lorsque les agents des États et des collectivités locales distribuent, traitent ou dépouillent les bulletins (…), ils n’enfreignent pas le droit pénal fédéral, même si un bulletin appartient à un électeur inscrit que les défendeurs présentent comme inéligible », a-t-elle justifié.
Mercredi, un autre juge fédéral avait déjà rejeté la demande de l’administration Trump pour forcer la Californie à suspendre le décompte de 20.000 bulletins appartenant à des personnes qu’elle accuse d’être des étrangers.
Le juge David O. Carter lui avait alors suggéré de « poursuivre pénalement les individus » un par un, « comme il l’a fait historiquement et récemment ».
Ces derniers jours, des agents fédéraux armés ont arrêté 28 personnes accusées d’avoir voté illégalement en Californie, dans des affaires remontant jusqu’à 2002.
Selon des chiffres publiés vendredi , un nombre record de 47,9 millions d’Américains ont déjà voté pour les élections de mi-mandat, avec une forte hausse de la participation dans plusieurs États clés et davantage d’électeurs démocrates que républicains parmi les votants.
Source : Avec AFP