« Je couperai les financements. Le Chambre des représentants et le Sénat doivent cesser de financer toute initiative militaire supplémentaire dans la guerre contre l’Iran. C’est exactement ce que nous avons fait pour mettre fin à la guerre du Vietnam », a déclaré le représentant démocrate Ro Khanna sur Fox News à la veille des élections de mi-mandat.
La référence de Khanna à la guerre du Vietnam s’inscrit dans le rappel d’une mesure adoptée par le Congrès — alors sous contrôle démocrate — en août 1973.
Les parlementaires avaient alors inséré une clause interdisant le financement des opérations de combat en Indochine (Vietnam du Nord et du Sud, Laos et Cambodge) au sein d’une loi de crédits budgétaires rectificative d’urgence, rendue indispensable, et ce après que le président Nixon eut opposé son veto à un texte similaire deux mois plus tôt.
Le vote de cette disposition avait entraîné l’arrêt immédiat des bombardements au Cambodge (bien que l’assistance financière et militaire au Vietnam du Sud se soit poursuivie jusqu’à la chute de Saïgon en 1975).
Le député démocrate de Californie n’est pas le seul à promouvoir cette option d’une interruption des crédits. L’organisation à but non lucratif orientée à gauche Just Foreign Policy, proche du Parti démocrate, a appelé le nouveau Congrès à « s’inspirer du précédent historique qui avait permis de clore la guerre du Vietnam ».
Elle a également diffusé sur la plateforme X une version actualisée du texte de 1973, proposant d’en étendre la portée à l’Iran, au Yémen, au Liban et à la bande de Gaza.
Dans une analyse consacrée à la victoire des Démocrates, le journal Times of Israel souligne que ce succès électoral pourrait marquer le « décompte final » vers l’interruption du conflit avec l’Iran.
L’article mentionne un message très relayé du vice-président Vance sur la plateforme X, dans lequel celui-ci attribue en partie la défaite des Républicains à la guerre contre l’Iran ainsi qu’à la proximité étroite entre son parti et ‘Israël’.
Il demeure toutefois prématuré de considérer l’issue des hostilités avec l’Iran en 2027 comme acquise. Si Hakeem Jeffries, pressenti pour accéder au fauteuil de président du Chambre des représentants, et Chuck Schumer, chef de la majorité au Sénat, se sont engagés à faire du règlement de la crise une priorité absolue en mobilisant le « pouvoir du cordon de la bourse » dévolu au Congrès, tous deux — à l’instar de nombre de leurs collègues — ont bénéficié au cours de leur carrière de contributions financières substantielles de l’AIPAC et continuent d’afficher des positions très favorables à ‘Israël’.
S’agissant du précédent de 1973, il convient de rappeler que le Parti démocrate détenait la majorité dans les deux chambres du Congrès depuis le déclenchement de la guerre du Vietnam en 1965.
Cependant, les éléments bellicistes en son sein ont bloqué toute initiative durant plusieurs années, en dépit des appels répétés de figures telles que George McGovern exigeant le retrait américain.
Source : Médias
