mercredi, 25/03/2026   
   Beyrouth 15:47

Le mouvement Amal appelle au retrait de la décision d’expulser l’ambassadeur d’Iran pour éviter une crise politique

Le mouvement Amal a publié un communiqué appelant les responsables officiels concernés à revenir sur la décision d’expulser l’ambassadeur de la République islamique d’Iran, afin d’éviter au pays d’entrer dans une crise politique et nationale. Le texte du communiqué est le suivant :

« Il aurait été plus judicieux pour les responsables officiels libanais de proclamer un état d’urgence diplomatique au niveau mondial pour faire face aux déclarations d’hier du ministre de la Guerre israélien, qui s’est vanté de la destruction de tous les ponts le long du cours du fleuve Litani et a annoncé les intentions de son entité d’occuper 10 % de la superficie du Liban, faisant de sa frontière jusqu’à la zone du sud du Litani une zone tampon. »

Le communiqué ajoute : « Mais, dans une démarche étrangère aux usages nationaux et suspecte par son timing, ces responsables ont choisi de mener un raid par malveillance en ciblant un pont diplomatique, en accordant à l’ambassadeur de la République islamique d’Iran un délai jusqu’à dimanche pour partir ; ils ne se sont pas donné la peine de condamner l’agression israélienne continue contre le Liban et l’expulsion injuste d’un tiers de sa population de leurs foyers. »

Le mouvement poursuit : « Face à cette mesure téméraire et irresponsable de la part de ceux qui sont chargés de préserver la souveraineté, la primeur des éloges concernant cette décision est venue des hauts responsables israéliens, qui ont réclamé davantage de mesures insensées. »

Le communiqué précise : « Le mouvement, en ce moment national critique qui impose à tous, et particulièrement aux responsables, de travailler à consolider les ponts de l’unité et de la solidarité nationale face à l’agression israélienne, appelle à revenir immédiatement sur cette mesure pour éviter au pays d’entrer dans une crise politique que nous tenons fermement à ne pas subir ; mais en même temps, le mouvement affirme qu’il ne tolérera pas qu’elle passe, quelles que soient les circonstances. Revenir sur l’erreur est une vertu nationale. »

Le mouvement a réitéré sa position de refus de toute forme de négociation directe avec l’ennemi israélien, affirmant que le comité du mécanisme reste le cadre pratique et exécutif pour arrêter l’agression israélienne et revenir à l’application intégrale des clauses du cessez-le-feu conclu en novembre 2024, dont ‘Israël’ n’a respecté aucun point.

Le mouvement a conclu son communiqué en remerciant tous les Libanais, et particulièrement les habitants des régions hôtes des déplacés à Beyrouth, dans le Mont-Liban et au Nord, pour leur conscience, leur vigilance et leurs efforts constants pour étouffer les séditions et renforcer les liens de l’unité nationale, qui a été et restera la pierre angulaire pour préserver le Liban en tant que patrie définitive pour tous ses fils.

Rassemblement des Oulémas Musulmans au Liban: le maintien du ministre des Affaires étrangères Youssef Ragi au sein du gouvernement constitue un danger pour la paix civile

Commentant la décision du ministre des Affaires étrangères (issu des Forces Libanaises), Youssef Ragi, d’annuler l’accréditation de l’ambassadeur iranien Mohammad Reza Sheibani et de lui demander de quitter le Liban, le Rassemblement des Oulémas Musulmans a publié le communiqué suivant :

Le ministre des Affaires étrangères des Forces Libanaises, Youssef Ragi, nous a habitués à ce qu’à chaque tournant historique où la Résistance est sur le point de réaliser un exploit politique ou militaire sur le terrain, il intervienne pour provoquer un incident à partir de rien afin de nuire à la relation privilégiée entre la République islamique d’Iran et le Liban.

Cette approche n’est pas nouvelle, mais elle est adoptée depuis la fondation de cette organisation avec le soutien et le financement de l’entité sioniste.

Tout au long de son histoire politique, elle a œuvré dans l’intérêt de cet ennemi et commis des massacres contre les peuples libanais et palestinien au profit de l’ennemi sioniste, que ce soit lors des massacres de Tal al-Zaatar et de Nabaa, ou de celui de Sabra et Chatila, après avoir contribué à faire venir l’ennemi sioniste pour occuper Beyrouth, la capitale du Liban.

La relation des Forces Libanaises avec l’ambassade d’Iran est marquée par une histoire claire de préjudice aux relations et de provocation à la discorde entre le Liban et l’Iran, qu’il s’agisse de l’arrestation des quatre diplomates au barrage de Barbara pour les livrer à l’ennemi sioniste, ou de la décision du gouvernement d’Amine Gemayel en 1983 de rompre les relations avec la République islamique d’Iran.

Cette décision était motivée par le soutien de l’Iran à la Résistance nationale et islamique libanaise qui a abouti à la libération en 2000.

Aujourd’hui, alors que la Résistance a réactivé ses capacités et prouvé sa présence sur la scène en rétablissant l’équilibre de la terreur et en réalisant un équilibre de dissuasion au profit de la Résistance, et que l’Iran a déclaré qu’il ne mettrait fin à la bataille contre l’entité sioniste et les États-Unis qu’avec une solution à la guerre contre le Liban, le ministre des Forces Libanaises intervient pour émettre cette décision d’expulsion afin de nuire à la relation et d’empêcher la République islamique de soutenir la résistance du Liban et de son peuple.

C’est pourquoi nous avons constaté que la première félicitation reçue par ce ministre est venue du ministre des Affaires étrangères de l’ennemi sioniste, Gideon Sa’ar, qui a décerné à ce ministre la médaille de l’humiliation, de la honte et de la collaboration avec l’ennemi sioniste.

En raison de cette décision scandaleuse et honteuse, le Rassemblement des Oulémas Musulmans déclare ce qui suit :

Premièrement : Le Rassemblement considère que la décision du ministre des Affaires étrangères des Forces Libanaises à l’encontre de l’ambassadeur iranien Mohammad Reza Sheibani est une décision partisane qui ne reflète pas l’opinion réelle du peuple libanais et sert l’ennemi sioniste. Par conséquent, cette décision est condamnée et dénoncée par toutes les forces honorables du Liban, dont le Rassemblement des Oulémas Musulmans.

Deuxièmement : Le Rassemblement demande au Président de la République, Joseph Aoun, de prendre rapidement l’initiative d’annuler les effets de cette décision, car elle affectera inévitablement la paix civile et plongera le pays dans une impasse interne dont nous n’avons pas besoin.

Troisièmement : Nous demandons à l’ambassadeur iranien, ami du Rassemblement et du peuple libanais, qui était à leurs côtés lors de la confrontation héroïque de 2006 et a participé à la victoire ainsi qu’au soutien à la reconstruction, de ne pas quitter le Liban. Qu’il considère, comme nous l’avions dit en 1983 à l’ambassadeur Mahmoud Nourani, que chaque maison au Liban est une ambassade pour la République islamique d’Iran.

Quatrièmement : Le Rassemblement estime que le maintien du ministre des Affaires étrangères Youssef Ragi au sein du gouvernement constitue un danger pour la paix civile et le destin de la patrie, et qu’il œuvre pour le compte de l’ennemi sioniste. Il doit donc être démis de ses fonctions et écarté afin d’être remplacé par une personne dotée de tact, de diplomatie et d’appartenance nationale.