vendredi, 17/04/2026   
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Blocus américain: des navires iraniens traversent le détroit d’Ormuz

Des données récentes sur le transport maritime ont révélé que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz s’est poursuivi malgré la mise en œuvre de l’embargo américain sur les ports iraniens, ce qui illustre selon la chaine qatarie Al Jazeera de la complexité de la situation maritime sur l’une des routes de transit énergétique les plus vitales au monde.

Les données maritimes fournies par Marine Traffic, ont montré qu’au moins 14 cargos ont traversé le détroit d’Ormuz depuis l’après-midi du 13 avril, avec l’entrée en vigueur du blocus américain visant les navires se dirigeant vers ou quittant les ports iraniens.

Selon l’analyse, cette activité comprenait deux navires partis de ports iraniens, ainsi que cinq navires battant pavillon iranien lors de la traversée du détroit, à un moment où les nouvelles restrictions sont censées limiter ce type de mouvement.

Parmi les cas les plus notables figure celui du cargo japonais Hosei Maru 126, qui a quitté le port de Bandar Abbas et traversé le détroit quelques heures après l’entrée en vigueur du blocus, avant de désactiver son dispositif de suivi pendant le transit et de le réactiver plus tard sans annoncer sa destination, un comportement qui reflète une tentative de réduire le suivi ou d’éviter la surveillance.

Le navire Christina, parti du port Imam Khomeiny, a également traversé le détroit quelques heures après la mise en œuvre de la décision, bien que ses données n’aient pas révélé sa destination finale, Il est géré par une société basée en Grèce.

Les données ont enregistré le passage de plusieurs autres navires battant pavillon iranien, notamment des porte-conteneurs en provenance de Chine, d’Inde et de Libye, ainsi qu’un navire se dirigeant vers le port de Sharjah, indiquant la poursuite de flux commerciaux diversifiés à travers le détroit.

Selon Al Jazeera, le passage continu d’un tel nombre de navires a de multiples implications, notamment le fait que le blocus américain n’a pas entraîné un arrêt immédiat du trafic maritime, mais a plutôt incité certains navires à modifier leur comportement opérationnel, par exemple en dissimulant des données de suivi, en changeant d’itinéraire ou en retardant l’annonce de leurs destinations.

Cela reflète également le fait que le détroit est toujours le théâtre d’un trafic mixte, comprenant des navires visés par l’embargo et d’autres non visés, d’autant plus que la décision américaine exclut les navires passant entre des ports non iraniens.

Marine Traffic avait signalé que 55 navires commerciaux ont été enregistrés traversant le détroit entre le 8 et le 12 avril, dont 29 étaient chargés, tandis que le trafic le plus dense dans le détroit a été enregistré le samedi 11 avril, lorsque 14 navires ont traversé.

Avant la guerre, et plus précisément entre le 1er et le 27 février, le nombre moyen quotidien de navires traversant le détroit était de 129.

Selon un rapport préparé par le journaliste d’Al Jazeera Ahmed Fall Ould Eddine, le droit international régissant le détroit est basé sur deux accords contradictoires, le premier datant de 1958 et le second de 1982.

La Convention de Genève de 1958 stipule ce que l’on appelle le « droit de passage inoffensif », qui exige que la traversée du détroit ne constitue pas une menace pour la sécurité de l’État côtier et oblige les sous-marins à se présenter et à arborer leur pavillon lors de leur passage.

Le deuxième accord est la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, qui garantit le droit de passage et le considère même comme un droit « incontestable » pour les navires marchands ou de guerre, et autorise le passage des sous-marins en immersion et le vol des aéronefs.

La situation est d’autant plus complexe que ni Washington ni Téhéran n’ont ratifié l’accord de 1982. L’Iran adhère à l’accord de 1958, qui lui confère le pouvoir discrétionnaire de qualifier un passage de « non innocent » s’il y perçoit une menace pour sa sécurité.

Source : Médias