lundi, 20/04/2026   
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The Guardian : La guerre contre l’Iran pousse Trump au bord du gouffre

Le journal britannique The Guardian a affirmé que les répercussions de l’agression américano-sioniste contre l’Iran, conjuguées aux déclarations contradictoires du président Donald Trump, ont provoqué une fissure profonde jusque dans les rangs de ses partisans.

Certains experts estiment désormais que « l’administration Trump a atteint le bord de l’effondrement ».

Selon le quotidien : « Le président américain, par des actes tels que le lancement d’une guerre incertaine contre l’Iran, l’explosion de l’inflation et l’offense faite aux chrétiens, a créé des brèches au sein de sa propre base électorale ».

Le journal a recueilli les avis de certains électeurs de Trump, confirmant que beaucoup d’entre eux regrettent leur vote.

Parmi eux, Lance Johnson, un entrepreneur de 47 ans ayant voté trois fois pour Donald Trump, exprime aujourd’hui son amertume : « Nous n’étions pas censés déclencher une nouvelle guerre ; les prix étaient censés baisser. On nous a fait beaucoup de promesses que nous ne verrons jamais. »

Le coup fatal que Trump s’est infligé à lui-même

Lance Johnson n’est pas le seul mécontent. De nombreux Américains manifestent leur exaspération, d’autant plus que Trump a aggravé son cas ces deux dernières semaines par ses déclarations contre le Pape.

The Guardian qualifie cette quinzaine de « période la plus destructrice de la présidence Trump ».

Durant ce laps de temps, il a insulté le Pape et publié sur les réseaux sociaux une image de lui-même générée par intelligence artificielle le représentant en Jésus-Christ.

Par ailleurs, il a perdu un procès contre le Wall Street Journal concernant l’affaire Jeffrey Epstein, tandis que son initiative de soutien au politicien hongrois Viktor Orbán pour les élections présidentielles a échoué.

Le journal souligne qu’après avoir lancé une guerre « impopulaire » contre l’Iran, Trump subit désormais de plein fouet la hausse des prix du carburant et cherche désespérément une issue.

Fracture chez les partisans de Trump

Selon un sondage de l’Université Quinnipiac publié cette semaine, seuls 38 % des électeurs approuvent l’action du président, contre 55 % d’avis défavorables.

Plus précisément, seuls 36 % valident son approche vis-à-vis de l’Iran, tandis que 58 % s’y opposent. Enfin, deux tiers des électeurs imputent à Trump la récente flambée des prix de l’essence.

Trump a atteint son niveau de popularité le plus bas depuis le début de son second mandat, suscitant l’inquiétude des Républicains quant à la perte potentielle du contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat.

The Guardian ajoute : « Une majorité démocrate dans l’une des deux chambres pourrait lancer des enquêtes sur l’administration Trump et le dépouiller d’une grande partie de ses prérogatives juridiques ».

Enfin, d’après Larry Jacobs, directeur du Centre d’étude de la politique et de la gouvernance à l’Université du Minnesota, « Donald Trump est un animal politique blessé ; cet homme ne disparaîtra pas. Plus il s’affaiblit, plus il devient téméraire. »

Il a ainsi décrit Trump comme une menace pour les USA et le monde, le qualifiant de personnalité « dangereuse ».