La doctrine des Moustiques, c’est la politique navale qui a permis à l’Iran de maintenir le détroit d’Ormuz fermé, après que Donald Trump a annoncé avoir noyé la force maritime de la République islamique, se targuant d’avoir déployé dans la région la plus importante armada depuis 2003.
« Nous avons démoli leurs navires, 46 navires ont été détruits », s’était vanté le président américain, le 10 mars, 10 jours après le déclenchement de la guerre, assurant que « la guerre était quasiment finie ».
Ni la guerre n’était finie, ni la marine iranienne n’a été éradiquée : elle a bloqué le détroit d’Ormuz pendant les 5 semaines qui vont suivre, provoquant une crise énergétique à l’échelle mondiale. Et poussant les Etats-Unis à réclamer un cessez-le-feu.
Selon le site Geo Focus, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) possède « une flotte fantôme de 1500 embarcations de moins de 10 tonnes, trop petites pour les radars, trop rapides pour les missiles, et trop nombreuses pour être toutes détruites » surtout s’ils « sont envoyés en même temps ».
« Un moustique ne tue pas un lion en combat singulier, mais mille moustiques rendent le lion fou, il se fatigue à les chasser, il saigne de partout, et à la fin ce n’est pas le moustique qui le tue, c’est l’hémorragie », explique le site sur Facebook, dans son reportage vidéo diffusée le 5 avril.
Comme navires de guerre, le site indique les vedettes Boghamar, munies « de mitrailleuses lourdes, de RPG et de roquettes de 107 mm » dont la force réside non dans leur puissance de feu, mais parce qu’elles sont invisibles, puis les Peykaap, munis de torpilles et « assez rapides pour frapper un destroyer et disparaitre », et les Siraj avec une vitesse de 120 km sur eau « des bateaux kamikazes, bourrés d’explosifs, téléguidés ou pilotés par un équipage qui sait qu’il ne rentrera pas ».
Selon Geo Focus, cette flotte est placée dans des bases navales souterraines côtières dipersées.
« La logique iranienne n’est pas de concentrer ses forces dans une grande base qu’un Tomahawk peut raser en une frappe, c’est de disperser », explique le site.
Ces embarcations sont utilisées au sein d’un système plus vaste comprenant des drones et des missiles, lancés soit directement depuis les embarcations, soit depuis des plateformes terrestres mobiles, camouflées et difficiles à repérer.
Geo Focus rapporte aussi que l’Iran a miné le détroit avec des mines intelligentes : Sadaf, M- 08. Ils sont « capables de distinguer un type de navire par sa signature acoustique ». 300 y ont été disséminés, tandis que l’Iran en possède de milliers.

Il y a trois jours, le New York Times a consacré un article pour cette doctrine. Intitulé « Pourquoi la flotte de moustiques iranienne demeure une menace sérieuse pour de détroit d’Ormuz ». Il met en garde contre des escadrons de vedettes rapides, notamment les Zulfiqar, les Siraj, les ‘Ashura, les Tufan et les Haidar 110, qui se déploient dans des formations offensives flexibles conçues pour des opérations rapides et surprises.
Selon Geo Focus, l’idée de la doctrine du moustique remonte à la guerre Irak-Iran, et plus précisément au 18 avril 1988 lorsque la marine américaine a coulé sa frégate l’Iris Jochan par le croiseur USS Wainwright puis détruit la moitié de la marine iranienne.
En 38 ans, les Iraniens qui avaient tiré la leçon de cette débâcle, ont façonné l’antidote, exploitant les faiblesses de leurs adversaires en adoptant des stratégies asymétriques leur permettant d’accroître leur influence à moindre coût.
Curieusement, l’offensive américaine de 1988 avait été baptisée « La mante religieuse », un insecte carnivore qui dévore ses victimes. Les moustiques devraient s’en charger.
Source : Divers
