jeudi, 23/04/2026   
   Beyrouth 09:44

Qalibaf lie le sort de l’accord avec Washington au retrait israélien du Liban| Une autorité soumise implore l’ennemi

La localité de Beit Lif, au sud-Liban rasée par l'ennemi israélien (Ali Hachicho)

Tandis que les piliers de l’autorité d’occupation libanaise se félicitent sans vergogne d’avoir dissocié la guerre au Liban des négociations irano-américaines, la réalité du terrain les dément cruellement. Ce qu’ils qualifient de « trêve » vacille un peu plus chaque jour sous les coups d’un ennemi qui n’en a respecté aucun instant. Jusqu’à hier soir, pas moins de 241 violations ont été enregistrées, laissant derrière elles martyrs et blessés. En parallèle, l’occupant poursuit le plus grand crime de guerre de l’histoire du Liban : une opération de destruction systématique, de rasage et de dynamitage des centres urbains dans la zone occupée.

Le Liban au cœur des exigences iraniennes

Dans ce climat de tension, les déclarations de Mohammad Baqer Qalibaf, président du Conseil de la Choura iranien, ont replacé le dossier libanais au centre des enjeux régionaux. Il a précisé que les points de friction avec Washington ne portent pas sur le détroit d’Ormuz, mais sur des exigences iraniennes fermes : un cessez-le-feu global au Liban, l’arrêt définitif des hostilités et le retrait total des forces d’occupation des territoires libanais, en plus de la libération des avoirs iraniens gelés. Les États-Unis, note-t-il, maintiennent leur opposition à ces deux derniers points.

Selon une source iranienne citée par le quotidien Al-Akhbar, Téhéran a formellement signifié au médiateur pakistanais que la clause libanaise est non négociable.

À l’inverse, Washington tente d’isoler le dossier en affirmant, via ce même médiateur, qu’une négociation directe libano-israélienne serait plus efficace, refusant d’inclure le Liban dans ses discussions avec l’Iran.

Une autorité sous tutelle

Entre-temps, le pouvoir libanais persiste dans sa soumission aux diktats américano-israéliens. L’annonce d’une rencontre, ce jeudi, à Washington entre les ambassadeurs libanais et israélien pour prolonger la trêve a été perçue comme un nouvel acte d’allégeance, d’autant que le bureau de Benjamin Netanyahu a laissé entendre que Tel-Aviv n’étudierait cette demande qu’en échange de mesures concrètes contre le Hezbollah.

Publiquement, les présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam gardent le silence sur le massacre urbain au Sud.

Concentrés sur une solution calquée sur la vision américaine, ils semblent ignorer leur incapacité à imposer une réalité politique tant que la Résistance combat l’occupant au Sud.

Le député Hussein Haj Hassan a d’ailleurs rappelé cette évidence : « Nous ne sommes plus liés par le cessez-le-feu et nous répondrons selon notre évaluation de la situation. »

L’impasse d’une souveraineté théorique

Alors que les regards sont fixés sur Washington, la souveraineté du Liban en tant qu’État décisionnaire pose question. Le pays est pris en étau entre deux rythmes : l’accélération brutale des faits accomplis sur le terrain et la lenteur d’un processus politique suspendu à des compromis régionaux immatures.

En négociant sans couverture nationale, l’autorité s’affaiblit et s’expose à un ennemi qui, lui, suit un agenda clair au-delà de la « ligne jaune ».

Le discours officiel de Joseph Aoun sur la stabilisation du cessez-le-feu se heurte à l’absence de moyens concrets, offrant à l’ennemi le loisir de consolider son occupation.

Ce qui se joue au Sud dépasse les simples violations ; c’est une politique délibérée de remodelage géographique par la force.

Pourtant, le président de la République s’accroche à cette voie diplomatique, multipliant les contacts avec Nabih Berri, Nawaf Salam ou Walid Joumblatt, au nom d’un « réalisme » et d’une « sagesse » censés mettre fin aux souffrances du pays.

Ciblage de la presse et riposte de la Résistance

Sur le terrain, la Résistance refuse de reconnaître un arrêt des combats inexistant. Mercredi, elle a continué de viser les forces d’occupation au Sud, frappant des positions d’artillerie et des points de rassemblement.

L’ennemi a intensifié ses agressions, prétextant la traque des résistants pour frapper des zones reculées. Ce faisant, il a commis un nouveau crime contre la presse à At-Tiri en ciblant la voiture et la maison où s’étaient réfugiées nos consœurs Amal Khalil (correspondante d’Al-Akhbar) et Zeynab Faraj, peu après avoir visé un autre véhicule civil circulant devant elles.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar