jeudi, 30/04/2026   
   Beyrouth 01:38

Moussawi réfute les déclarations d’Aoun : elles sont extrêmement ambiguës et doivent être rectifiées immédiatement

Le député Ibrahim Moussawi, membre du Bloc Loyauté à la Résistance, a commenté ce mercredi les propos du président Joseph Aoun, affirmant que ses déclarations devant la délégation des instances économiques « créent, à tout le moins, une situation extrêmement ambiguë et confuse, qui exige un examen et une correction immédiats ».

Les déclarations d’Aoun portaient sur la déclaration du Département d’État américain, qui laissait entendre que l’occupation israélienne pouvait poursuivre ses attaques contre le Liban. Le président libanais a déclaré que « cela était déjà mentionné dans l’accord de novembre 2014 ».

En réponse, le député Moussawi a affirmé que l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2014 « ne comportait aucune mention d’octroi de privilèges ou de droits à l’ennemi, ni d’autorisation de poursuivre les attaques contre le Liban. Au contraire, il reconnaissait au Liban son droit naturel à la légitime défense, conformément au droit international. » Il a ajouté que « toute autre déclaration a été faite en dehors de cet accord et relève de l’entente tacite entre l’administration américaine et l’ennemi ».

Il a expliqué que « la déclaration du Département d’État américain, qui accorde à l’occupation israélienne le droit d’attaquer le Liban et de violer son territoire, constitue un dangereux précédent, d’autant plus qu’elle a été publiée au nom des trois parties présentes ».

Moussawi a poursuivi : « Si le Liban n’est pas concerné par ce contenu et ne l’approuve pas, une prise de position claire et explicite le rejetant publiquement est nécessaire, car les déclarations internes sont insuffisantes. »

Il a également noté que « les destructions massives, les massacres quotidiens et les violations généralisées perpétrés par l’ennemi israélien peuvent être justifiés par la déclaration du président selon laquelle il s’agit de droits établis, passés et présents. »

« Par conséquent, par souci de souveraineté et de stabilité de la présidence, et afin de lever toute ambiguïté, une position claire et explicite s’impose pour réfuter les allégations de l’ennemi et désavouer tous ses crimes », a souligné M. Moussawi.

Dans le même esprit, M. Moussawi a insisté sur le fait que la destruction systématique de villages « exige une mobilisation diplomatique, à commencer par le Conseil de sécurité et s’étendant à diverses instances internationales et pays influents, jusqu’au ministère libanais des Affaires étrangères, négligent et inactif ».

Il a conclu sa déclaration en exprimant l’espoir que les propos du président « résultaient de malentendus involontaires et sont susceptibles d’être rectifiés, car toute autre interprétation serait une véritable catastrophe ».

M. Aoun a réagi aux critiques selon lesquelles le Liban, par le biais de la déclaration américaine publiée à l’issue des pourparlers tripartites de Washington, aurait donné carte blanche à l’ennemi israélien pour poursuivre ses attaques contre le Liban, en déclarant : « Cette déclaration a été publiée par le Département d’État américain, et il s’agit du même texte qui a été adopté en novembre 2024 et approuvé par toutes les parties à l’époque. » Il a souligné qu’« il s’agit d’une déclaration, et non d’un accord, car un accord est conclu à l’issue des négociations ».

Il a également affirmé qu’à chaque étape des négociations, il s’était coordonné et avait consulté le Président du Parlement et le Premier ministre, « contrairement à ce qui est rapporté dans les médias ».

Cependant, le service de presse du Président du Parlement libanais, Nabih Berri, a réagi à ces déclarations, affirmant que « malgré tout le respect dû à la présidence et aux déclarations de Son Excellence le Président, la déclaration qui lui est attribuée est inexacte ».

Le bureau de M. Berri a indiqué que « la description faite par M. Aoun de la coordination existante, des événements survenus lors de l’accord de novembre 2024 et de l’objet des négociations était inexacte, ajoutant  « les propos du Président devant les instances économiques étaient inexacts, voire pires. »

Source : Médias