dimanche, 17/05/2026   
   Beyrouth 20:21

Cisjordanie : la politique israélienne pour inciter les Palestiniens à partir

Israël exerce en Cisjordanie occupée une politique pernicieuse destinée à déplacer les Palestiniens malgré eux.

Des organisations de défense des droits humains parlent d’un « déplacement non déclaré » ou d’un « déplacement sournois », mis en œuvre par de multiples moyens, qui ne se limitent pas aux expulsions directes, mais incluent également la création d’un climat coercitif qui pousse progressivement les habitants à quitter leurs zones de résidence.

Un rapport publié il y a deux jours par Middle East Eye a décrit en détail la vie quotidienne et les déplacements entre Ramallah et Naplouse. Il rapporte entre autres qu’un trajet relativement court s’est transformé en une épreuve qui a duré de longues heures en raison des points de contrôle militaires, des fermetures de routes et des risques croissants pour la sécurité sur les routes.

Le rapport met en lumière un système de mesures militaires et administratives, notamment les démolitions de maisons, les refus de permis de construire et le durcissement des restrictions de circulation, comme outils clés pour consacrer cette nouvelle réalité.

Dans des zones comme Masafer Yatta, au sud d’al-Khalil (Hébron), des décisions ont été prises empêchant les Palestiniens de construire ou de développer leurs communautés, sous des prétextes sécuritaires liés à l’utilisation de la zone à des fins d’entraînement militaire, ce qui pousse au déplacement des centaines de familles qui vivent dans la région depuis des décennies.

À Jérusalem-Est, dans le quartier d’Al-Boustan, situé dans le district de Silwan, plus de 57 maisons ont été démolies ces deux dernières années. Selon les données disponibles, au moins huit autres maisons sont menacées de démolition dans les semaines à venir, ce qui accroît l’inquiétude des habitants quant à leur avenir dans le quartier.

Ces démolitions sont réalisées dans le cadre du projet d’aménagement du site intitulé « Kings’ Garden », un parc à caractère religieux et touristique, lié aux légendes bibliques attribuées au roi Salomon.

Attaques contre les Palestiniens

En parallèle, les attaques des colons contre les Palestiniens et leurs biens se multiplient : ils incendient les récoltes, détruisent les voitures, attaquent des villages entiers, en particulier dans les zones proches des avant-postes de colonisation décrits comme les plus extrêmes.

D’après les témoignages locaux, ces attaques ne sont plus des incidents isolés, mais constituent plutôt un schéma récurrent qui impose une pression constante sur la population et lui rend plus difficile de maintenir sa présence dans certaines zones.

Expansion de la colonisation

Ces évolutions s’accompagnent d’une expansion marquée des avant-postes de colonisation informelle, qui commencent souvent par de petits sites au sommet de collines, puis se transforment progressivement en communautés permanentes qui reçoivent ensuite un soutien politique et financier du gouvernement israélien.

Cette expansion ne se limite pas à la seule construction, mais s’étend au contrôle des routes, des pâturages et des zones agricoles, ce qui conduit à une réduction des espaces disponibles pour les Palestiniens et à une redistribution inégale du contrôle des terres.

Ils pillent aussi leur bétail.

Selon le Haut -Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ces politiques s’inscrivent dans un schéma croissant de « climat coercitif » qui conduit au déplacement des Palestiniens de leurs communautés.

Les données de l’ONU indiquent que des milliers de Palestiniens ont été déplacés ces dernières années à la suite de démolitions de maisons, de violences perpétrées par des colons ou de restrictions d’accès aux terres agricoles et aux moyens de subsistance, en plus des informations selon lesquelles des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter des camps et des villages en raison d’opérations militaires et de l’escalade des pressions sécuritaires.

Source : Médias