jeudi, 21/05/2026   
   Beyrouth 12:31

Le chef de l’armée pakistanaise à Téhéran pour finaliser une médiation d’apaisement avec Washington : quels en sont les détails ?

L’agence iranienne ISNA a annoncé que le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, se rend ce jeudi à Téhéran. Cette visite s’inscrit dans le prolongement des efforts continus du Pakistan pour mener une médiation entre Téhéran et Washington, en coordination avec le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Parallèlement, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé que le ministre Abbas Araghchi a rencontré aujourd’hui le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, en visite à Téhéran depuis mercredi d’hier.

Les rapports indiquent que cette dynamique vise à formuler un « cadre d’entente transitoire » qui ne s’élève pas au rang d’un accord global, mais se concentre plutôt sur le principe de « l’apaisement contre le gel ».

L’objectif est de contenir les risques d’un glissement vers une confrontation régionale élargie, à travers un arrêt temporaire de l’escalade militaire et navale, et le gel des mesures provocatrices des deux côtés tant que les voies de négociation restent ouvertes.

« Apaisement contre gel » : Quels sont les détails de l’initiative pakistanaise ?

Selon les données, le cadre proposé comprend l’arrêt des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, en contrepartie d’un engagement iranien à ne pas élargir les attaques contre les bases américaines ou la navigation internationale.

L’entente comprend également la régulation de la navigation dans le détroit d’Ormuz afin de garantir le flux de pétrole, tout en préparant des négociations élargies qui dureraient entre 30 et 60 jours, pour examiner les dossiers nucléaire et balistique ainsi que l’influence régionale, menant à la levée des sanctions américaines.

Selon les fuites, les médiateurs cherchent à concevoir l’initiative de manière à empêcher quiconque de proclamer une « victoire politique » dans la première phase, préservant ainsi la face de l’actuelle administration américaine et confirmant à Téhéran qu’elle n’a pas cédé à la guerre ou au blocus.

Le Pakistan vise aussi à reporter les dossiers les plus complexes à des étapes ultérieures afin d’éviter l’effondrement des négociations.

En contrepartie, les couvertures médiatiques israéliennes ont révélé un état de scepticisme de la part de « Tel-Aviv ». Le chef du gouvernement de l’occupation, Benjamin Netanyahu, a exprimé, lors d’un appel avec le président américain Donald Trump, ses craintes de voir cette trêve offrir à l’Iran l’opportunité de reconstruire ses capacités.

À Washington, l’initiative pakistanaise est perçue comme une option permettant d’éviter une guerre régionale élargie, tout en préservant l’image de la « politique de pression » que l’administration américaine prétend avoir poussé Téhéran à la table des négociations.

Mercredi, l’agence iranienne Tasnim, citant une source proche de l’équipe de négociation, a rapporté que les Américains ont de nouveau envoyé un texte à l’Iran via le médiateur pakistanais, trois jours après que Téhéran a envoyé un texte composé de 14 points. Elle a ajouté que l’Iran examine actuellement le texte américain, sans y avoir apporté de réponse jusqu’à présent.

Au même moment, le président du Parlement iranien (Majlis), Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que « les mouvements publics et secrets de l’ennemi montrent qu’il cherche un nouveau cycle de guerre ».

Source : Médias