lundi, 08/06/2026   
   Beyrouth 12:18

Iran: Le CENTCOM participe aux frappes contre l’Iran et à la défense de l’entité sioniste

Tehéran a affirmé que la stabilité du Liban constitue une part essentielle de la sécurité de la région, considérant que la préservation de son unité nationale est la première condition pour sauvegarder sa souveraineté et empêcher son glissement vers davantage de tensions, à la lumière de l’escalade des agressions israéliennes et de leur imbrication avec les trajectoires de la guerre et de la diplomatie en cours dans la région.

Dans ce contexte, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, a souligné que toute position ou développement portant atteinte à l’unité du Liban « ne sera pas dans l’intérêt de ce pays », affirmant que l’Iran se considère comme un soutien du peuple libanais et qu’il n’épargnera aucun effort pour appuyer sa souveraineté, sa sécurité et sa dignité.

Il a ajouté que « la fin de la guerre au Liban fait partie intégrante du cessez-le-feu », ce qui a été réaffirmé à plusieurs reprises lors des contacts et des médiations régionales, y compris le rôle pakistanais dans le processus d’échange de messages et la poursuite du dialogue. Baghaei a précisé que l’Iran estime que la voie diplomatique ne s’est pas arrêtée malgré l’escalade, les canaux de communication restant ouverts via l’échange de messages, tout en avertissant que les récents développements des dernières 24 heures « vont accentuer le trouble dans le processus diplomatique et approfondir la méfiance à l’égard des États-Unis ».

En parallèle, le porte-parole a indiqué que son pays dispose d’informations selon lesquelles le Commandement central américain (CENTCOM) participe à la défense de l’entité sioniste ainsi qu’aux attaques ciblant l’Iran, estimant que cette donnée renforce la conviction iranienne que « ce qui se passe ne peut être dissocié des politiques américaines directes dans la région ».

Il a poursuivi que « ce qui s’est produit augmente la méfiance envers les États-Unis », soulignant que la contradiction dans les positions et les déclarations américaines, combinée à la coordination directe ou indirecte avec Israël, contribue à perturber la voie diplomatique et complique les chances de parvenir à des ententes stables.

Préparation permanente à faire face aux différents scénarios

M.Baghaei a affirmé que les forces armées iraniennes, aux côtés de l’appareil diplomatique et des autres institutions de l’État, sont en état d’alerte totale pour faire face à tout développement, insistant sur le fait que l’Iran ne permettra pas la répétition ou l’extension des agressions sous couvert de communiqués sur un cessez-le-feu.

Le porte-parole a réitéré que l’Iran considère que toute violation des accords de cessez-le-feu, que ce soit au Liban ou sur d’autres fronts, prouve que les parties qui soutiennent Israël ne respectent pas réellement ces ententes, ce qui exige une préparation permanente pour affronter les différents scénarios afin de préserver la sécurité nationale iranienne et ses intérêts.

M.Baghaei a souligné qu’en cas de poursuite des campagnes de l’entité sioniste contre son pays, les forces armées de la République islamique démontreront en pratique comment défendre l’existence de l’Iran et sauvegarder ses intérêts nationaux, affirmant que la nature de la riposte et son timing « sont déterminés par le terrain et non par les déclarations ».

En réponse à une question sur le fait de savoir si Téhéran s’en tiendrait au cadre de la « dissuasion limitée » ou s’il recourrait à des options plus larges en cas de poursuite des attaques contre des objectifs sensibles à l’intérieur de l’Iran, il a expliqué que cette question devait être adressée aux forces armées, ajoutant : « Je pense qu’ils le démontreront en pratique, et qu’ils n’en parleront pas nécessairement, mais ils montreront comment ils défendront l’existence de l’Iran et ses intérêts nationaux de la manière qu’ils jugeront nécessaire ».

Le porte-parole a commenté les rapports concernant le déploiement de systèmes de défense aérienne et de missiles égyptiens aux Émirats arabes unis, ainsi que les récentes déclarations politiques égyptiennes envers l’Iran, en déclarant que l’acquisition d’un crédit régional « ne se fait pas en menaçant un État islamique qui fait face à l’entité sioniste ». Il a souligné qu’il n’y a aucun problème entre Téhéran et l’Égypte, ni avec aucun autre État arabe ou islamique de la région, et que l’Iran reste attaché au principe de bon voisinage et aux bonnes relations avec tous les pays.

Il a ajouté que son pays regrette que certains États de la région aient permis l’utilisation de leur territoire, de leurs capacités et de leur souveraineté pour des « agressions illégales » attribuées à Israël et aux États-Unis contre des pays islamiques, appelant ces États à la prudence pour ne pas glisser – intentionnellement ou non – vers ce qui sert les intérêts de l’autre partie.

Il a conclu en affirmant que le crédit politique dans la région ne se construit pas par l’alignement ou l’escalade, mais à travers des positions responsables face aux grandes causes, en premier lieu ce qui se passe à Gaza, estimant que la poursuite de la guerre là-bas sans réaction arabe et islamique efficace porte des significations majeures pour la configuration de la scène régionale.

Source : Médias