vendredi, 26/06/2026   
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Washington vend de « l’illusion » dans le Golfe : le retour de la tension à « Ormuz »

La réunion que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a tenue jeudi à Manama avec ses homologues du « Conseil de coopération du Golfe » (CCG) – visant à les « rassurer » sur le fait que « tout accord avec l’Iran doit garantir leur sécurité » – a laissé une question en suspens : les pays du Golfe vont-ils acheter une nouvelle fois les promesses américaines dont rien ne s’est réalisé dans le passé, ou vont-ils tirer les leçons de la dernière guerre pour parvenir à des arrangements de sécurité communs avec Téhéran ?

Pendant la guerre, et en plein milieu des efforts des États-Unis pour y entraîner les pays du Golfe, il a été prouvé que ces promesses n’étaient qu’une couverture pour attiser la discorde entre les pays de la région.

C’est ce que Washington continue de tenter de réaliser, même après la signature du « protocole d’accord » avec Téhéran. Un aspect de cela se manifeste dans la pression américaine continue qui a poussé Mascate à annoncer le corridor omanais pour le passage des navires dans le détroit d’Ormuz, comme alternative au corridor sécurisé défini par le « Corps des Gardiens de la révolution iranienne » pour un passage — sans frais — pendant la période des 60 jours.

Cette démarche a poussé Téhéran à émettre des avertissements contre l’adoption de ladite trajectoire, ce qui a été suivi par l’enregistrement d’un incident maritime à 7,5 milles nautiques au sud-est du Sultanat d’Oman, où un navire de cargaison a été touché sur son flanc droit par un projectile inconnu, causant des dommages à la passerelle de commandement.

À la suite de cet incident, l’agence Bloomberg a rapporté qu’un certain nombre de navires avaient renoncé à poursuivre leur navigation en direction d’Ormuz depuis le golfe d’Oman, tandis que l’« Organisation maritime internationale » a annoncé la suspension temporaire de l’évacuation des navires et des marins bloqués dans le détroit.

Alors que le journal Wall Street Journal a cité des responsables américains affirmant que « le Corps des Gardiens de la révolution iranienne a attaqué jeudi un navire de cargaison battant pavillon de Singapour », l’Autorité du détroit d’Ormuz iranienne a averti que « tout déplacement dans le détroit via des trajectoires en dehors du couloir défini par nos soins n’est pas couvert par la garantie de passage sécurisé », signalant que « les conséquences de la navigation via des trajectoires non autorisées dans le détroit incombent au propriétaire du navire et à ses investisseurs ».

Le Sultanat d’Oman avait annoncé l’ouverture de l’utilisation d’un couloir maritime temporaire pour tous les navires désireux de traverser « Ormuz », en coordination avec l’« Organisation maritime internationale », selon ce qu’a rapporté l’Agence de presse omanaise.

De même, le compte officiel du « Centre de sécurité maritime » du Sultanat a publié sur la plateforme « X », mercredi soir, une carte d’orientation pour les navires désireux de traverser le corridor omanais, comprenant la définition des trajectoires de passage, le temps estimé pour la traversée des navires et les vitesses requises à chaque point. Dans le même temps, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, a déclaré que les arrangements futurs concernant la navigation dans le détroit « n’impliquent l’imposition d’aucun frais de passage ».

S’il paraissait clair, à travers cela, qu’Oman cède à un chantage américain, surtout après les menaces du président américain Donald Trump de la « pulvériser » si elle coopérait avec Téhéran concernant le détroit, la marine du « Corps des Gardiens de la révolution iranienne » a réagi à cette annonce en avertissant que « la trajectoire annoncée par certaines parties sans coordination avec l’Iran pour la traversée du détroit d’Ormuz est inacceptable et dangereuse ».

De plus, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a passé un appel téléphonique à Albusaidi, au cours duquel ils ont discuté des développements relatifs à la navigation maritime à « Ormuz » et des mesures temporaires devant être appliquées pour une durée de 60 jours. Ils ont souligné l’importance de la poursuite de la coordination, des consultations bilatérales et de la coopération technique dans ce domaine, selon un communiqué publié sur le compte du ministre iranien sur la plateforme « X ».

Les deux ministres ont également exprimé leur satisfaction quant aux résultats de la récente visite de la délégation iranienne à Mascate et des discussions qui s’y sont déroulées, appelant à la poursuite des consultations et au suivi des questions d’intérêt commun via les canaux diplomatiques entre les deux pays.

Pendant ce temps, un communiqué a été publié à Manama à l’issue de la réunion entre Rubio et ses homologues du Golfe, reflétant également une tentative américaine de maintenir l’emprise sur les pays du Golfe.

Le communiqué, qui a totalement adopté le récit américain, a appelé à « maintenir l’élan des négociations pour mettre fin aux hostilités et empêcher l’Iran de développer une arme nucléaire », indiquant que « la paix dans la région exige de faire face aux menaces de l’Iran, y compris ses missiles, ses drones et son soutien à ses mandataires », tout en insistant sur « l’opposition à l’imposition de tout frais ou taxe, ou aux tentatives d’imposer un contrôle sur le détroit d’Ormuz ».

Il a également lié « tout investissement ou commerce avec l’Iran » à son engagement envers le protocole d’accord et l’accord final.

De même, les pays du Golfe ont adopté dans leur communiqué le point de vue américain concernant le Liban ; le communiqué conjoint a salué les négociations entre ‘Israël’ et le Liban sous l’égide des États-Unis, a réclamé de ne pas les lier à d’autres conflits, et a appelé au « désarmement de tous les groupes, à la restauration du monopole de la force par l’État libanais et au soutien de ses forces armées ».

De son côté, Rubio a qualifié la réunion d’« importante », déclarant que « notre objectif est commun pour la stabilité et la sécurité dans la région », ajoutant que les intérêts des partenaires de son pays « devraient être pris en compte dans tout accord », et poursuivant que « toutes les décisions prises dans les discussions avec l’Iran garantiront les intérêts de nos alliés dans la région ».

Il a prétendu que les États-Unis « n’ont transféré jusqu’à présent aucun fonds à l’Iran, et n’ont pas donné leur accord pour cela », et qu’ils n’ont pas discuté avec les pays du Golfe du sujet de la création d’un fonds de reconstruction pour l’Iran.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar