vendredi, 26/06/2026   
   Beyrouth 19:32

L’Iran répond à la Déclaration conjointe de la réunion ministérielle CCG–États-Unis : « des positions interventionnistes, irresponsables et provocatrices » 

Le ministère iranien des Affaires étrangères de la République islamique a critiqué les positions exprimées dans la déclaration conjointe publiée par le secrétaire d’État américain et les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe, réunis à Bahreïn le jeudi 25 juin.

Dans un communiqué, il les a qualifiées d’«interventionnistes, irresponsables et provocatrices », et met en garde contre la poursuite de comportements hostiles et interventionnistes dans la région.

Selon le texte, les allégations sur « l’engagement indéfectible des États-Unis envers la sécurité des États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) » ne sont que « vaine rhétorique et une distorsion de la réalité ».

Le communiqué explique : « Il est plus évident que jamais que la présence militaire américaine dans la région pèse sur ses populations et est source d’insécurité et de division. L’utilisation par les États-Unis de bases et d’installations militaires dans la région pour mener une agression contre la République islamique d’Iran, du 25 mars 2005 au 19 avril 2006, démontre clairement leur mépris pour la sécurité régionale et l’interdépendance de la région ».

Et de poursuivre : « On peut espérer que les pays de la région dont les territoires et les installations ont été utilisés par les agresseurs américano-sionistes pour attaquer l’Iran lors de la récente guerre imposée reconsidéreront leur position. La République islamique d’Iran rappelle l’engagement explicite des États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), conformément au droit international et au principe de bon voisinage, à empêcher toute utilisation par des tiers de leurs territoires et installations pour planifier, organiser, soutenir ou mener des actes illégaux, y compris une agression militaire contre la République islamique d’Iran ».

Le ministère des AE de la République islamique d’Iran s’est dit indigné par « le mensonge éhonté répété et propagé par l’entité sioniste génocidaire et les États-Unis concernant le programme nucléaire iranien pacifique.

Il a reproché aux pays du CCG : « au lieu de s’allier aux États-Unis pour menacer ce programme, de se joindre à la République islamique d’Iran dans la réalisation de l’initiative visant à instaurer un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires et d’exiger du régime américain qu’il cesse d’entraver la mise en œuvre de cette initiative ».

 « Une paix et une sécurité durables dans la région ne peuvent être obtenues qu’en instaurant la confiance et la coopération mutuelle entre ses pays, et en s’abstenant de toute intervention américaine destructrice. L’emploi de l’expression « menaces iraniennes », une formule galvaudée forgée il y a des années par l’entité sioniste et les États-Unis dans le cadre de leur projet « iranophobie », témoigne de la tentative des États-Unis d’imposer leurs illusions et leurs ambitions aux pays de la région. Dans ce contexte, toute menace contre les capacités de défense de l’Iran est fermement condamnée. Étant donné que les États-Unis, conformément à leur politique de « diviser pour mieux régner », ont entraîné les pays du Conseil de coopération du Golfe dans une course aux armements dangereuse et sans fin, et ont transformé le Moyen-Orient en un immense arsenal, discuter du programme de missiles et de drones iraniens est irresponsable et tout à fait répréhensible. Il va de soi que la République islamique d’Iran ne fera aucune concession quant à la défense de son identité et des capacités qui y sont liées. »

Le ministère a déploré l’accord conclu par le Conseil de coopération du Golfe avec les États-Unis et l’entité sioniste, qualifiant la résistance palestinienne et libanaise de « supplétifs iraniens », et a réaffirmé que le seul véritable supplétif dans la région est l’entité sioniste. « La lutte des peuples palestinien et libanais contre l’occupation et l’apartheid est pleinement légitime et conforme au droit international, et tous les gouvernements ont l’obligation de les soutenir dans la réalisation de leur droit à l’autodétermination et à la libération de l’occupation coloniale et de l’apartheid », a-t-il insisté.

Le ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran a rappelé aux États-Unis et à l’entité sioniste, ainsi qu’aux pays de la région ayant participé à l’agression militaire américano-sioniste contre l’Iran, leur responsabilité directe dans la déstabilisation de la sécurité dans le détroit d’Ormuz, et a souligné que ce détroit se situe dans les eaux territoriales de deux pays côtiers, à savoir l’Iran et Oman, et que les dispositions du paragraphe 5 du Mémorandum d’entente relatif à la fin de la guerre imposée serviront de base aux travaux concernant la gestion de la navigation dans ce détroit.

Rappelant l’expérience de la récente guerre imposée à la région par les États-Unis et l’entité sioniste, le ministère appelle les États membres du Conseil de coopération du Golfe à reconsidérer leur approche de la sécurité de cette région et réaffirme que la sécurité collective ne peut être réalisée que par la coopération de tous les pays de la région et sans aucune ingérence étrangère.

Jeudi, les États-Unis et les pays du Conseil de coopération du Golfe ont appelé à la réouverture du détroit d’Ormuz, soulignant que la libre circulation dans cette voie maritime stratégique demeure « essentielle » à la sécurité régionale et mondiale.

Dans une déclaration conjointe publiée à l’issue de la réunion ministérielle États-Unis-CCG à Manama, les deux parties ont insisté sur une « navigation libre, inconditionnelle et sans restriction », y compris le droit de passage en transit garanti par le droit international. Elles ont également rejeté « tout péage, toute redevance ou toute tentative de prise de contrôle » du détroit d’Ormuz.

Les ministres ont également souligné la nécessité de préserver l’unité à mesure que les négociations entre les États-Unis et l’Iran progressent vers une cessation plus durable des hostilités, tout en réaffirmant l’objectif commun d’empêcher l’Iran de développer ou d’acquérir l’arme nucléaire.

Ils ont salué le protocole d’accord récemment signé entre les États-Unis et l’Iran et reconnu les rôles de médiation joués par le Pakistan et le Qatar.

La déclaration précise enfin que tout commerce ou investissement avec l’Iran sera « conditionnel et réversible », en fonction du respect par Téhéran du protocole d’accord et de tout éventuel accord définitif, ainsi que de la fin de ce qu’elle qualifie de « comportement déstabilisateur » de l’Iran.

Les ministres ont réaffirmé leur plein engagement en faveur de la souveraineté, de la sécurité, de la stabilité et de l’unité territoriale du Liban. À cette fin, ils ont salué les négociations bilatérales en cours entre Israël et le Liban, sous l’égide des États-Unis, visant à créer les conditions nécessaires à la conclusion d’un accord de paix et de sécurité durable entre les deux pays. Ils ont souligné l’importance de préserver le processus de négociation et de veiller à ce qu’il ne soit lié à aucun autre conflit.

 Les ministres ont salué l’adoption d’une approche pragmatique permettant de rétablir la sécurité, d’étendre l’autorité de l’État libanais et de délimiter définitivement les frontières. Ils ont affirmé que la pleine souveraineté du Liban ne saurait être réalisée tant que des groupes armés non étatiques conserveront des capacités militaires en dehors de l’autorité de l’État libanais. Ils ont appelé au désarmement complet de tous ces groupes et au rétablissement du monopole de l’État libanais sur l’usage de la force, tout en soulignant l’importance de soutenir les forces armées libanaises dans cette démarche.

 Les ministres ont renouvelé leur soutien au plan global proposé par le Président Trump pour mettre fin au conflit à Gaza, approuvé par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies.

 Le secrétaire d’État M. Rubio a salué la participation historique des États du CCG au « Conseil de la paix », exprimant sa gratitude pour leurs engagements en faveur des efforts de stabilisation, de relèvement et de reconstruction à Gaza.

 Les ministres ont insisté sur la nécessité de désarmer tous les groupes armés non étatiques afin de permettre la reconstruction de Gaza, ainsi que sur le transfert des responsabilités à un comité civil palestinien indépendant composé de technocrates. Ils ont salué la déclaration du Président Trump réaffirmant l’opposition des États-Unis à l’annexion de la Cisjordanie, soulignant que les progrès dans la reconstruction de Gaza et les réformes de l’Autorité palestinienne contribueraient à créer les conditions d’un processus crédible permettant au peuple palestinien d’exercer son droit à l’autodétermination et d’établir son État.

 Les ministres ont également réaffirmé que personne ne sera contraint de quitter Gaza et que toute personne souhaitant partir sera libre d’y revenir.

 Les ministres ont condamné les attaques menées par les groupes soutenus par l’Iran en Irak contre les États du CCG, y compris les attaques de drones ayant endommagé des installations civiles, des infrastructures vitales et la sécurité énergétique.

 Ils ont de nouveau exprimé leur soutien aux efforts du nouveau gouvernement irakien visant à placer les armes sous le contrôle exclusif de l’État et à empêcher les groupes armés non étatiques d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins.

 Les ministres ont réaffirmé leur respect de la souveraineté de l’État du Koweït et de son intégrité territoriale, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 833. Ils ont souligné la souveraineté du Koweït sur ses eaux territoriales et appelé le gouvernement irakien à honorer ses engagements bilatéraux et internationaux.

 Les ministres ont souligné l’importance pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir la sécurité de l’ensemble des missions diplomatiques présentes en Irak et de les protéger contre toute menace ou attaque, conformément aux obligations internationales de l’Irak.

Source : Médias