mardi, 30/06/2026   
   Beyrouth 18:06

Le Congrès US refuse de soumettre au vote le plan d’intégration entre les complexes militaro-industriels américain et israélien

Le Congrès américain a refusé d’autoriser un vote complet à la Chambre des représentants sur un amendement proposé par les représentants Ro Khanna, démocrate de Californie, et Thomas Massie, républicain du Kentucky, qui visait à bloquer une disposition de la loi d’autorisation de la défense nationale qui ouvre la voie à une intégration sans précédent entre les complexes militaro-industriels américain et israélien.

Cette décision fait suite à l’exclusion par la commission du règlement de la Chambre de l’amendement de Khanna et Massie de la liste des amendements susceptibles d’être soumis au vote, dans le cadre du projet de loi sur la politique de défense, qui comprend plus d’un millier d’amendements proposés.

L’amendement bipartisan visait à éliminer ce que l’on appelle « l’Initiative de coopération technologique de défense entre les États-Unis et Israël », une initiative anciennement connue sous le nom de Section 224.

Cette disposition prévoit la création d’un organe exécutif au sein du département américain de la Défense, chargé de renforcer l’intégration technologique militaire entre les États-Unis et Israël, de la production conjointe d’armements à l’intégration des données. « Mon plan », c’est ainsi que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait qualifié cette évolution dans les relations américano-israéliennes.

La proposition a suscité des critiques de la part d’anciens responsables de la sécurité nationale américaine, qui ont mis en garde contre ses implications pour la sécurité nationale des États-Unis, notamment en ce qui concerne l’accès d’Israël à des technologies militaires et de renseignement sensibles.

L’ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, Joe Kent, a déclaré que les risques liés au fait d’autoriser un autre pays à accéder à des technologies militaires américaines sensibles sont évidents, mettant en garde contre la possibilité que des logiciels espions et des failles de sécurité soient implantés et utilisés pour influencer la politique américaine.

Paul Pillar, qui a travaillé pendant plus d’un quart de siècle à la CIA, considérait Israël davantage comme un adversaire que comme un allié dans le domaine du renseignement, évoquant une longue histoire d’espionnage israélien contre les États-Unis.

En rejetant l’amendement de Khanna et Massey, la commission de règlement a empêché que la question soit soumise à un vote public devant l’ensemble de la Chambre des représentants, à un moment où l’opposition à toute nouvelle intégration militaro-industrielle avec Israël se renforce aux États-Unis.

Bien que cette décision représente un revers pour les opposants à cette politique, le Sénat examine sa propre version de la proposition, les versions de la Chambre et du Sénat de la loi d’autorisation de la défense nationale devant être négociées ultérieurement.

Source : Médias