samedi, 11/07/2026   
   Beyrouth 19:02

Les USA agacés par les obsèques massives à Najaf et Karbala : le désarmement des milices s’éloigne

Les imposantes processions funéraires organisées il y a quelques jours à Najaf et Karbala en hommage au défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ont pris une dimension géopolitique complexe et lourde de conséquences.

Les autorités irakiennes considèrent cet événement comme un tournant décisif, susceptible de scinder le paysage politique du pays en deux ères : avant et après les funérailles. Survenant à un moment critique de l’histoire régionale, il redéfinit les rapports de force et place le gouvernement du Premier ministre irakien, Ali Abdullah Saleh, face à un dilemme complexe, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, notamment en matière de contrôle des armements et de relations stratégiques délicates avec les États-Unis et l’Iran.

Dans ce contexte, des sources politiques bien informées ont révélé à Al-Akhbar que « Washington a exprimé son profond mécontentement face aux mécanismes et à l’ampleur des célébrations de cet événement en Irak, commémorées avec une ferveur sans précédent ».

Ces sources ont ajouté que « le cortège funèbre et la mobilisation soigneusement orchestrés ont constitué une épreuve difficile et extrêmement embarrassante pour al-Zaidi avant son voyage à Washington, l’administration américaine recevant un message politique et de terrain clair : l’Irak demeure un centre et un bastion de l’influence de l’Axe, ce qui contredit directement les objectifs et les efforts déployés par l’administration américaine ».

Dans son analyse de cette scène et de ses implications, l’analyste politique irakien Jawdat Kadhim a déclaré à Al-Akhbar que « le nombre important et les nombreuses apparitions publiques des chefs de factions irakiens et de leurs partisans lors du cortège funèbre véhiculaient un message politique et de terrain clair et délibéré, visant à démontrer leur influence sur le terrain ».

Kazem souligne que « cette manifestation constitue une apparition publique coordonnée après des mois de silence tactique et coïncide avec les efforts déclarés du gouvernement al-Zaidi pour désarmer les milices et confiner les armes à l’État ».

Il estime que « les factions souhaitaient faire passer un message clair et précis : elles sont une force avec laquelle il faut compter dans toute équation sécuritaire ou politique, et leur large soutien populaire et idéologique leur confère la légitimité nécessaire pour se maintenir malgré les pressions internes et externes, faisant ainsi des plans de désarmement un obstacle de taille sur le terrain ».

Pour sa part, l’écrivain et analyste politique Ibrahim al-Sarraj souligne la dimension internationale et régionale de cette mobilisation. Il déclare à Al-Akhbar que « le cortège funèbre d’un million de personnes illustrait une idée fondamentale : l’Irak n’a pas cédé aux pressions et aux menaces américaines, comme en témoigne la forte mobilisation des dirigeants et partisans de l’Axe ».

Il ajoute que « la mobilisation des Forces de mobilisation populaire et des factions était délibérée, visant à démontrer leur poids démographique. Leur présence ostentatoire, coïncidant avec les menaces de Donald Trump dans la région, pourrait justifier, aux yeux de leurs électeurs, leur rôle de force de dissuasion sécuritaire ».

Il estime que « cette réalité sur le terrain remet en question les accords récents, d’autant plus qu’al-Zaidi a récemment déclaré avoir convenu avec les factions de la reddition de leurs armes.

Il a également affirmé : « Nous allons élaborer un programme pour la remise des armes, et l’action des factions se concentrera désormais sur les sphères politique et sociale. »

Toutefois, la dynamique de cette mobilisation remarquable et influente lors des funérailles pourrait imposer un rythme complètement différent et remodeler ou ralentir la mise en œuvre de ces processus politiques. »

Contrairement aux interprétations qui lient l’événement à une escalade des tensions, le parlementaire irakien Sakr al-Humaidawi a transmis le point de vue officiel, affirmant à Al-Akhbar que « le cortège funèbre envoie un message clair à tous : l’Irak incarne les principes de l’hospitalité arabe et islamique, comme en témoigne l’accueil réservé aux chefs d’État et aux délégations officielles dans ses villes saintes ».

Concernant l’avenir des factions et les pressions internationales qu’elles subissent, al-Humaidawi a souligné que « la présence des factions repose fondamentalement sur leur rôle actif et leur principe inébranlable de rejet de la présence américaine et étrangère sur le sol irakien. Il s’agit d’une question de souveraineté et d’idéologie, et par conséquent, rien ne s’oppose à leur présence au niveau national. En réalité, toute pression exercée sur elles pourrait se révéler contre-productive, car la population les perçoit comme une garantie de la préservation de la souveraineté et de la stabilité régionale. »

En effet, les témoignages des personnes en deuil interrogées par Al-Akhbar à Najaf et Karbala s’accordent à dire que leur présence massive dans les rues constitue « un message clair de fermeté et de défi à l’égard de ceux qui s’opposent à la résistance, en particulier ceux proches des États-Unis et d’Israël ».

Ce message est susceptible d’influencer la scène politique et pourrait modifier ou entraver le programme d’Al-Zaydi visant à restreindre et à classer les armes, d’autant plus qu’il est avéré qu’il existe une réalité que le gouvernement ou les puissances extérieures peinent à surmonter

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar