jeudi, 16/07/2026   
   Beyrouth 11:35

Hausse du taux de suicide au Liban : Une tentative toutes les 6 heures et un suicide tous les 2 jours.

Depuis des années, le nombre de décès par suicide ne cesse d’augmenter. Les statistiques publiées par la Direction générale des forces de sécurité intérieure montrent une hausse annuelle des taux de suicide, particulièrement marquée depuis 2019. Les taux les plus élevés ont été enregistrés entre 2019 et 2023, avec environ 170 cas par an (soit une moyenne de près de 15 cas par mois).

 Au cours des premiers mois de cette année, cette tendance à la hausse semble se poursuivre, entraînant des conséquences sociales et psychologiques extrêmement graves. Rien que durant les quatre premiers mois, 57 suicides et 24 tentatives de suicide ont été recensés, ce qui représente une augmentation de 31,5 % par rapport à la même période l’an dernier.

Cependant, ces chiffres officiels, aussi alarmants soient-ils, ne reflètent pas l’ampleur réelle du problème. De nombreux cas ne sont pas signalés, soit en raison de leur classification, soit pour des raisons sociales et familiales qui empêchent de les enregistrer comme suicides. Agata Abboud, directrice de la Ligne nationale de soutien aux personnes en détresse, souligne que « ces chiffres restent symboliques et approximatifs par rapport au nombre réel de cas », précisant que les données disponibles au Liban « indiquent une tentative de suicide toutes les six heures et un suicide tous les deux jours ».

Ce qui est frappant dans la forte augmentation de cette année, c’est qu’elle a culminé pendant les mois de guerre. Abboud note que le nombre d’appels à la « Ligne de secours nationale » a connu une hausse sans précédent dès le début du conflit. Alors que la moyenne mensuelle oscillait entre 800 et 1 000 appels, ce nombre a bondi de plus de 50 % pour atteindre plus de 2 000 appels par mois, tandis que le nombre d’appels quotidiens atteignait souvent environ 90, soit près de trois fois la moyenne d’avant-guerre.

Aboud estime que cette augmentation est surprenante, car en temps de guerre, la priorité n’est généralement pas la santé mentale, mais plutôt la satisfaction des besoins fondamentaux de survie. Cependant, cette guerre était différente, car le besoin de soutien psychologique est devenu criant. « Cela montre que beaucoup ont atteint un point d’épuisement, accumulant des sentiments de peur et d’anxiété, en plus des pressions économiques et sociales. »

Cette crise touche principalement les jeunes. Selon Abboud, les 18-34 ans représentent la majorité des appelants, auxquels s’ajoute un nombre inquiétant d’appels provenant d’enfants. Ce phénomène ne se limite plus à une seule région ; si Beyrouth et le Mont-Liban continuent d’enregistrer le plus grand nombre d’appels en raison de leur forte densité de population, une augmentation significative des appels en provenance d’Akkar, de la vallée de la Bekaa et du Sud a également été observée.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar