lundi, 20/07/2026   
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Le Liban au bord du gouffre : L’appel du Mufti Qabalan contre « la trahison des fondements nationaux »

Dans un contexte régional en pleine reconfiguration, marqué par de vives tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le Mufti jaafarite, Cheikh Ahmad Qabalan, a adressé un message d’une grande fermeté au peuple libanais. À travers ce réquisitoire sans concession, le dignitaire religieux s’en prend directement au pouvoir en place, et plus particulièrement au général Joseph Aoun, qu’il accuse d’aligner le Liban sur les intérêts américains et occidentaux. Élevant la Résistance et le partenariat intercommunautaire au rang de piliers existentiels du pays, Cheikh Qabalan lance un avertissement solennel contre le risque d’un isolement politique et d’une nouvelle discorde interne qui mèneraient le Liban vers le chaos:

« Chers Libanais,

Nous traversons incontestablement un moment historique d’une extrême complexité. Il est certain que le Moyen-Orient est en train de se redéfinir selon de nouvelles règles d’engagement qui touchent tous les piliers de la région, au détriment de l’hégémonie américaine tyrannique. Le Liban fait partie intégrante de cette région qui vit le flot de transformations radicales, au milieu d’un bouleversement profond. Pour les Libanais, la plus grande opportunité réside dans l’unité nationale et dans ce qui est requis pour préserver la souveraineté du Liban et garantir la cohésion de sa famille politique. Malheureusement, le président Joseph Aoun piétine cette vérité nationale et place le Liban sur un marché américain, réévaluant l’État libanais selon des agendas sécuritaires et des intérêts extérieurs qui s’opposent frontalement à la souveraineté nationale. Nous n’avons pas prétexte à une nouvelle discorde pour comprendre que l’Amérique ne voit le Liban qu’à travers le prisme de Tel-Aviv ; les calculs de bonne foi ne mènent à rien avec Washington. Tout cela sans compter les engagements collatéraux qui ne passeront pas, quitte à ce que le Moyen-Orient s’embrase.

À qui de droit, je dis : le Liban est une nécessité pactologique. Il est impossible de vivre dans ce pays sans partenariat, sans respect du pacte national et sans une solidarité totale. L’histoire prouvera que le Liban ne peut être gouverné que depuis le Liban. La peur pour ce pays vient plutôt de la soif de pouvoir de ses dirigeants et de la discorde interne, d’autant plus que la région livre ses plus grands combats historiques. Dans cette réalité, le Liban vacille violemment. À cet égard, le pouvoir en place est la force la plus capable d’incendier le Liban ou d’en éteindre les feux. Aujourd’hui, le plus grand problème réside dans ce pouvoir actuel qui persiste dans la rupture nationale et la « sionisation » des solutions extérieures. Il faut impérativement trouver une issue à la crise du pays et à sa paralysie existentielle. La solution passe par une table de dialogue national, et non par la rupture avec le Sud, la Bekaa et la Banlieue sud, ni par l’isolement d’une communauté entière en se cachant derrière Washington. L’erreur du pouvoir dans ce domaine est catastrophique, car les patries n’appartiennent qu’à leurs peuples, et les leçons de l’histoire à ce sujet sont brûlantes.

Ce qui est exigé pour la millionième fois, c’est de préserver le partenariat national, ses pactes, son unité, sa solidarité, ainsi que tout ce qui est nécessaire à la survie de cette expérience historique, plutôt qu’à sa destruction. La solution réside dans le rassemblement interne autour des intérêts du Liban, et non de ceux de Tel-Aviv et de Washington. L’erreur du pouvoir dans ses choix stratégiques calcine le Liban. C’est pourquoi il est demandé au président Aoun d’être le président de tout le Liban, et non le président du seul palais de Baabda. Rien n’est plus crucial pour éviter les pires catastrophes nationales que le respect des pactes d’unité nationale, du partenariat et d’une coopération totale. C’est là la préoccupation majeure du président Nabih Berri, qui mène une bataille historique majeure pour affirmer l’unité du Liban, de ses choix, de sa famille libanaise et de ses causes fatidiques. C’est sous ce titre qu’il insiste pour négocier indirectement selon les conditions libanaises, et non les conditions sionistes. Outrepasser le président Nabih Berri revient à outrepasser le Liban et ses pactes fondateurs et nationaux. Sans Aïn el-Tiné, il n’y a pas de solution.

C’est pourquoi je dis : le partenariat national est le trésor du Liban, la raison de son existence et de sa pérennité. On ne peut substituer l’unité nationale par le feu, la rupture, l’incitation, les engagements collatéraux et l’alignement sur Washington, poussant ainsi vers des catastrophes internes. Dans ce domaine, la Résistance, tout comme l’armée, est la pierre angulaire de la souveraineté nationale. La question ici est une question de sécurité nationale et de défense stratégique, et non un jeu de ruelles politiciennes. L’histoire de la Résistance est celle d’une défense souveraine, d’une libération nationale et de sacrifices impressionnants menés depuis un demi-siècle. Renier la Résistance face à cette réalité place le Liban entre les crocs des sionistes. On ne peut passer sous silence l’attitude du pouvoir actuel qui ne défend pas, et ne veut pas défendre le Liban, en raison de ses engagements collatéraux. Les forces politiques sont ici grandement interpellées, car il s’agit du pays, du partenariat, de la souveraineté et des fondements nationaux. Prenez garde à ne pas sombrer dans la discorde du pouvoir actuel, car le pays est un baril de poudre. Rien n’est plus catastrophique pour le Liban que de poignarder le pacte consensuel. Le peuple libanais est appelé à défendre son unité familiale, ses intérêts communs et ses institutions politiques et nationales. Il n’est pas admissible qu’une seule personne conduise ce pays vers le gouffre. La valeur du Liban dépend de sa famille libanaise, de sa formule historique et de son partenariat national. Quiconque poignarde cette vérité place le Liban sur le fil de l’épée.

En conclusion, je dis : Ô cher peuple du Liban, secourez le Liban et son partenariat national avant que le pouvoir actuel ne le pousse vers l’enfer d’une discorde qui ne laissera rien ni personne sur son passage. »

Source : Médias