L’affrontement américain avec l’Iran s’oriente vers une phase plus aiguë, sur fond d’estimations israéliennes selon lesquelles le président américain, Donald Trump, est sur le point de prendre la décision d’élargir la portée des attaques au cours des prochains jours. En attendant que Trump tranche son choix final, la marge de manœuvre se réduit progressivement entre l’acceptation d’un cessez-le-feu temporaire et le retour à une vaste campagne militaire dans laquelle ‘Israël’ pourrait se retrouver impliqué si Téhéran venait à prendre l’initiative de cibler l’entité sioniste.
Dans ce contexte, le cabinet israélien a tenu, le lundi 20 juillet, une réunion d’environ six heures consacrée à l’examen des scénarios d’escalade possibles, marquée par un appel téléphonique entre le chef du gouvernement d’occupation, Benjamin Netanyahu, et le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
La Chaîne 12 a rapporté les propos d’un responsable israélien affirmant que « l’intérêt d’Israël dans toute nouvelle confrontation dépend de sa nature et de ses objectifs », et que « Tel-Aviv ne veut pas se laisser entraîner dans une bataille courte qui s’achèverait après quelques jours sans atteindre de résultats décisifs ».
Selon un briefing présenté au niveau politique israélien, Trump n’a pas encore pris sa décision finale, mais il encline à faire payer à l’Iran un « prix fort », alors que les probabilités d’élargir la banque de cibles augmentent pour inclure des « installations vitales et de hauts responsables iraniens ». Les services israéliens estiment que le ciblage de ces sites et de ces personnalités « pourrait inciter l’Iran à tirer des missiles vers Israël ».
La Société de radiodiffusion israélienne avait rapporté, citant deux sources sécuritaires, l’une israélienne et l’autre américaine, que « Washington a informé Tel-Aviv de son intention d’intensifier ses attaques contre l’Iran au cours des tout prochains jours ». Toutefois, l’administration américaine préfère encore, à ce stade, « maintenir Israël hors du cercle des attaques », afin de ne pas susciter une riposte iranienne sur les territoires occupés ; car une telle riposte serait suivie d’une vaste attaque israélienne à l’intérieur de l’Iran, ce qui pourrait transformer la campagne américaine limitée en une guerre régionale ouverte.
Pour sa part, le correspondant des affaires politiques de la chaîne I24NEWS, Guy Azriel, a rapporté, d’après des sources sécuritaires informées des discussions avec l’administration américaine, que « les plans opérationnels sont prêts et n’attendent plus que la décision de Trump concernant les étapes suivantes ». Ces données ont été renforcées par les déclarations du membre du Knesset pour le Likoud, Moshé Saada, qui a évoqué la possibilité qu’un « événement » lié à l’Iran survienne au cours de cette semaine. De même, le réseau US Fox News a cité un haut responsable américain affirmant qu’« Israël pourrait rejoindre le combat si Trump décidait de revenir à une campagne militaire d’envergure ».
La gouvernement israélien ne semble pas uni sur la question de se joindre à la campagne américaine. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a estimé qu’« Israël n’a aucun intérêt pour le moment à entrer dans la guerre », et que le maintien de l’affrontement dans le cadre d’opérations américaines limitées et d’un blocus maritime représente « le scénario le plus adéquat pour elle ». Il a considéré que « l’objectif à plus long terme devrait être de faire tomber le régime iranien en le poussant vers un effondrement économique », reconnaissant qu’« il n’y a pas d’alignement parfait entre Tel-Aviv et Washington sur ce point ».
En revanche, le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a appelé à « achever la mission » et à porter un coup dur aux installations énergétiques et aux infrastructures iraniennes, estimant que « cela pourrait accélérer la chute du régime ».
La divergence de ces deux positions reflète un débat plus large au sein d’Israël, entre un courant appelant à une intervention directe et un autre préférant se contenter de soutenir les opérations américaines tout en se tenant prêt à riposter si l’Iran élargissait le cercle de l’affrontement.
Malgré ce différend, une entente américo-israélienne prévaut pour l’heure sur la non-participation directe de Tel-Aviv aux attaques, en contrepartie d’un accord stipulant que cette dernière réagira fermement si l’entité sioniste venait à être bombardée.
Pendant ce temps, le déploiement militaire américain se poursuit dans la région. Selon la Société de radiodiffusion israélienne, les États-Unis ont transféré, en l’espace de 24 heures, des équipements et des munitions supplémentaires vers ‘Israël’ pour soutenir les avions de chasse américains, tandis que plus de 10 avions ravitailleurs sont arrivés en provenance d’Europe et de la base d’Al-Udeid au Qatar.
Le site Walla a cité une source au sein de l’armée de l’air israélienne indiquant que « l’armée américaine a l’intention de déployer jusqu’à une centaine d’avions ravitailleurs sur les bases militaires israéliennes et à l’aéroport de Ramon, avec la possibilité d’utiliser l’aéroport de Lod, si Washington décide d’intensifier ses attaques ».
Selon des sources militaires israéliennes, « maintenir ces avions à l’intérieur d’Israël leur offre une plus grande protection par rapport à leur maintien sur les bases des pays du Golfe, en particulier dans l’éventualité d’un retour des États-Unis à un combat d’envergure ».
Cependant, ce déploiement comporte, en contrepartie, des risques supplémentaires ; il pourrait offrir à l’Iran un prétexte pour cibler l’entité sioniste.
Israel Hayom a cité une source sécuritaire israélienne affirmant que « les forces américaines ont transféré des éléments de leur dispositif du Golfe vers la Jordanie pour les éloigner de la portée des missiles iraniens, avant que les attaques ne les y poursuivent ». Il a ajouté que « l’accueil par Israël d’avions et d’installations militaires américains pourrait le placer dans la banque de cibles iranienne ».
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
