Les stocks de pétrole brut de la Réserve stratégique de pétrole des États-Unis sont tombés sous la barre des 300 millions de barils pour la première fois depuis plus de quatre décennies, dans un contexte de pressions accrues sur les approvisionnements mondiaux dues à la guerre contre l’Iran et à la perturbation des exportations d’énergie dans la région.
Les données du ministère américain de l’Énergie montrent une baisse des stocks de la réserve stratégique d’environ 6,1 millions de barils au cours de la semaine passée, pour atteindre 298,7 millions de barils, soit le niveau le plus bas enregistré depuis janvier 1983.
Ce recul intervient après la décision du président américain Donald Trump, en mars dernier, de puiser dans la réserve stratégique à la suite de l’interruption des exportations de pétrole par le détroit d’Ormuz en raison de la guerre.
Selon les estimations, les stocks de la réserve pourraient chuter à environ 243 millions de barils au terme du processus de prélèvement, contre environ 415 millions de barils avant le déclenchement de la guerre israélo-américaine fin février dernier, sachant que la capacité maximale de stockage de la réserve s’élève à environ 714 millions de barils.
La diminution des stocks américains coïncide avec des pressions croissantes sur les marchés mondiaux de l’énergie, en raison de l’interruption des exportations de produits pétroliers du Golfe Persique du fait de la guerre, ainsi que des attaques ukrainiennes ayant visé des raffineries russes, de la décision de Moscou de prolonger l’interdiction d’exporter du diesel, et des restrictions chinoises sur les exportations de carburant.
Ces évolutions se sont répercutées sur les prix du pétrole : les contrats à terme sur le brut Brent ont bondi lundi de 4,4 % pour atteindre 87,25 dollars le baril. Les contrats à terme sur le brut américain West Texas Intermediate (WTI) ont également progressé de 4,4 %, s’établissant à environ 81,62 dollars le baril, selon les données du site Investing.com.
Les analystes estiment que la crise d’approvisionnement en diesel constitue l’un des risques les plus majeurs auxquels fait face l’économie mondiale, en raison de sa forte utilisation dans les secteurs du transport, de l’agriculture, de l’exploitation minière et de l’industrie.
Ils ont prévenu que la persistance du déficit d’offre, conjuguée à l’approche de l’hiver et à la hausse de la demande en carburant, pourrait maintenir les prix des produits pétroliers à des niveaux élevés, même si les cours du brut venaient à baisser au cours de la période à venir.
Le fait que la Réserve stratégique de pétrole américaine atteigne un niveau aussi bas soulève des interrogations quant à la capacité de Washington à utiliser ses stocks pétroliers comme levier pour absorber les chocs d’approvisionnement, si les perturbations du marché mondial de l’énergie devaient se prolonger ou si de nouvelles crises survenaient dans les principales zones de production et de transit.
Source : Médias
