mardi, 25/08/2026   
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Sérénité iranienne face à ses partenaires | « Carnaval » des sanctions : Trump ne désespère pas d’un accord

Alors que Washington a annoncé lundi le début de l’application de nouvelles sanctions contre Téhéran — auxquelles cette dernière a répondu en haussant le ton du défi et en affirmant que ses partenaires commerciaux ne font aucun cas des sanctions américaines, dans une référence claire à Pékin —, les efforts du président américain Donald Trump pour capitaliser médiatiquement sur ce qui a été qualifié de « paquet le plus sévère de l’histoire » sont apparus de manière évidente.

Néanmoins, le véritable pari de Trump pour sortir de l’impasse iranienne est apparu, une fois de plus, reposant sur une tentative de ramener l’Iran à la table des négociations.

Cette mission a été confiée au principal médiateur, le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, arrivé lundi à Téhéran à la suite d’un entretien téléphonique avec le président américain. 

En parallèle de l’arrivée de Munir à Téhéran à la tête d’une délégation officielle comprenant le ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi — qui a joué à son tour un rôle dans la médiation —, Trump a prétendu dans une déclaration que « l’Iran s’effondre totalement », transformant l’annonce des nouvelles sanctions en une sorte de carnaval.

Dans le cadre de la proclamation de ces sanctions, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a indiqué de son côté que « Trump passe des appels avec des dirigeants mondiaux pour couper les liens économiques avec l’Iran », précisant que « les pays disposeront d’un délai pour mettre fin aux activités identifiées par le Trésor, notamment la fermeture des succursales des banques iraniennes à l’étranger ».

Il a également menacé que « toute entité facilitant le blanchiment d’argent en faveur de l’Iran sera exclue du système financier fondé sur le dollar américain. Personne n’est à l’abri des sanctions américaines ».

Cependant, Bessent a tenté dans le même temps d’offrir des incitations aux pays afin qu’ils s’alignent sur les mesures américaines, déclarants : « Ceux qui se tiennent à nos côtés récolteront les fruits de notre partenariat, tandis que ceux qui lient leur sort au régime iranien doivent s’attendre à l’isolement à ses côtés ». 

Le ministre américain a également souligné : « Nous avons identifié avec précision chaque point de contact, chaque intermédiaire et chaque réseau utilisé par l’Iran pour trafiquer le pétrole et contourner les sanctions.

D’ici la fin de cette semaine, vous verrez des sanctions frapper une grande institution financière en raison de l’Iran. »

Il a explicité que « les sanctions visent 5 artères vitales que l’Iran exploite dans d’autres pays : les actifs numériques, la technologie, l’or, le secteur de l’aviation et le transport maritime », ajoutant : « Nous menons cette offensive économique contre l’Iran dans le même esprit que le débarquement de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale ». 

En réaction à l’annonce américaine, le conseiller du Guide suprême iranien, Mohammad Mokhber, a affirmé que 47 ans d’une « stratégie hostile » incluant sanctions, guerre et tentatives de division de l’Iran n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs.

 Il a souligné que « cette stratégie se heurte aujourd’hui à notre cohésion et à notre capacité de dissuasion dans le détroit d’Ormuz », estimant que « l’échec stratégique constitue un avertissement catégorique contre la poursuite des mauvais calculs », avant de trancher que la riposte iranienne « sera plus ferme que jamais ».

De son côté, le président de l’Assemblée consultative islamique (Majlis), Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé : « Nos partenaires commerciaux nous ont assurés qu’ils n’accordent aucun crédit aux déclarations américaines », estimant que « Washington n’est pas dans une situation économique qui lui permette d’imposer davantage de restrictions sur ses relations avec les autres pays ».

M.Ghalibaf semblait faire allusion en particulier à la Chine, qui importe la majorité du pétrole iranien.

De fait, le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré, dans une position dont le timing semble marquant, que Pékin surveille les menaces américaines d’imposer des sanctions à Téhéran et « fera le nécessaire pour protéger ses droits et ses intérêts ».

L’Iran avait averti les pays concernés de ne pas coopérer avec les efforts américains, soulignant par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, que toute participation à cela « aura assurément ses conséquences ».

Pour sa part, l’« Autorité de gestion du détroit d’Ormuz » iranienne a menacé que les navires « contrevenant » à ses règles de transit dans le détroit pourraient faire l’objet d’amendes, d’immobilisations ou de saisies. 

Pendant ce temps, la visite du général Munir à Téhéran a débuté. Malgré le ton véhément de Washington, elle laisse apparaître que les États-Unis ne comptent pas outre mesure sur les sanctions pour faire fléchir la position de l’Iran.

Le visiteur pakistanais s’est entretenu avec Ghalibaf, lequel a déclaré avoir abordé avec son hôte « la poursuite des efforts d’Islamabad pour renforcer la paix et la sécurité dans la région, ainsi que les manquements des États-Unis à leurs engagements conformément au protocole d’accord ».

Il a ajouté : « J’ai dit au chef d’état-major de l’armée pakistanaise que ce sont les États-Unis qui ont empêché l’établissement de la stabilité dans la région. »

Après la rencontre de Munir avec le président Masoud Pezeshkian, la présidence iranienne a indiqué dans un communiqué que le chef de l’armée pakistanaise a insisté sur « la nécessité d’examiner minutieusement le processus diplomatique afin d’atteindre les objectifs communs et de parvenir à un accord global », tandis que le président iranien a estimé que « les États-Unis doivent corriger leur ton et leur approche à notre égard au lieu de recourir aux diktats et à la coercition ». 

L’agence Reuters a rapporté, citant une source pakistanaise, que les États-Unis ont demandé à Munir d’user de l’influence de son pays pour ramener l’Iran à la table des négociations.

Trois sources pakistanaises ont indiqué à l’agence que le général pakistanais s’était entretenu avec Trump la semaine dernière, quelques jours avant sa visite à Téhéran, bien que la nouvelle de cet appel n’ait pas été divulguée sur le moment. 

En outre, et dans un développement qui ne sert pas les intérêts de Washington, la crise pétrolière issue de la guerre contre Téhéran commence à peser plus lourdement sur le monde ; le directeur de l’« Agence internationale de l’énergie », Fatih Birol, a exprimé son inquiétude quant à la situation du gaz en Europe cet hiver, pointant du doigt la baisse des stocks, la perturbation des approvisionnements du Moyen-Orient et la fin des livraisons de gaz naturel liquéfié russe.

Birol a déclaré que l’Agence ne discute pas actuellement du tirage d’une seconde tranche des réserves stratégiques de pétrole, ajoutant qu’elle suit de près les marchés et que 80 % des réserves stratégiques restent disponibles après le prélèvement de 400 millions de barils en mars dernier.

Source : Médias