jeudi, 27/08/2026   
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Liban|La session de Rome suspendue… l’ambassadeur US après Barrack : Négocier avec le Hezbollah est possible

L'ambassadeur américain au Liban Michel Issa

Le président Joseph Aoun et son équipe de négociation sont confrontés d’emblée à un dilemme complexe, dans un contexte où tout indique, y compris pour le médiateur américain, qu’aucun progrès réel ne sera accompli avant les prochaines élections dans l’entité d’occupation.

Tandis que les pourparlers parallèles s’avèrent incapables d’arracher le moindre geste à ‘Israël’, Washington cherche à faire porter la responsabilité au camp libanais, en accusant l’État de ne pas contraindre l’armée à exécuter la mission de désarmement.

Cela intervient alors qu’Israël mène, depuis trois jours, la plus vaste vague de frappes sur le Sud, concentrée sur les zones frontalières de l’occupation, en parallèle de la campagne de propagande continue sur une bataille imminente dans les collines d’Ali Al-Taher.

Alors que l’ambassadeur américain Michel Issa s’employait à entretenir un climat suggérant une avancée majeure dans les négociations, il a finalement reconnu l’absence d’accord sur une date pour la prochaine session, qui était prévue à Rome au début du mois prochain.

Toutefois, le point marquant des déclarations d’Issa réside dans ses propos sur la négociation avec le Hezbollah, rouvrant le débat sur la possibilité d’un contact direct avec lui.

Cela fait suite à la position de l’envoyé américain Tom Barrack, qui a affirmé que le Hezbollah ne pouvait être exclu de tout règlement et qu’on ne pouvait demander à « une armée fatiguée et pauvre de tuer ses propres cousins ».

Selon le quotidien AlAkhbar, ces propos ont coïncidé avec des informations faisant état de messages américains parvenus au Hezbollah, sans que ce dernier ne publie jusqu’ici de position officielle clarifiant la réalité de ces contacts ou la nature des réponses transmises.

Dans ce contexte, Issa a déclaré mercredi après sa visite à Dar al-Fatwa : « Nous n’avons jamais dit que nous ne négocierions pas avec le Hezbollah. Mais si le Hezbollah est prêt à négocier avec nous, ou s’il a quelque chose à nous offrir, c’est possible. En revanche, que la négociation se limite à des visites, des va-et-vient pour boire du café, cela ne fonctionne pas. »

L’expression d’Issa exigeant du Hezbollah qu’il ait « quelque chose à offrir » laisse entendre que la négociation, selon la vision américaine, ne vise pas à rechercher un règlement global débutant par l’arrêt des agressions et le retrait israélien, mais à négocier sur les armes du Hezbollah et ses capacités militaires. C’est précisément ce qui se heurte à la position fermement maintenue par le Hezbollah jusqu’ici, à savoir le refus de céder ses armes en échange d’un arrêt de la guerre ou de la fin de l’occupation.

Outre le silence du Hezbollah face aux spéculations sur les négociations avec les Américains, l’évolution du discours américain — passant de l’exclusion du Parti de tout accord à la reconnaissance de la possibilité de négocier avec lui, puis à la pose de conditions préalables à cette négociation — suggère que Washington cherche encore une formule combinant l’intégration du Hezbollah dans le règlement et l’obtention d’une concession majeure de sa part au préalable.

Le problème est que ce processus politique ne s’accompagne d’aucune accalmie sur le terrain : ‘Israël’ poursuit ses opérations hostiles dans le Sud.

De son côté, le pouvoir libanais se trouve contraint de pousser vers la négociation, considérée comme l’option la moins coûteuse selon le président Joseph Aoun, tandis qu’Israël refuse de revenir à la table des pourparlers, comme en témoignent les remarques d’Issa sur l’absence de date fixée pour la prochaine session.

Cela a provoqué une confusion au sein de l’équipe officielle de négociation, marquée par le retour des rumeurs sur le souhait du chef de la délégation, l’ambassadeur Simon Karam, de se retirer, estimant que « la phase à venir exige uniquement des négociations techniques et opérationnelles ».

Les militaires des villages occupés

Par ailleurs, des sources informées ont révélé des discussions confidentielles concernant le statut des militaires libanais présents dans la zone frontalière occupée.

Après le déclenchement de la guerre le 2 mars dernier et le début des incursions des forces d’occupation dans les zones frontalières du Sud, le commandement de l’armée avait demandé à ses éléments déployés sur place de se retirer.

Cependant, un groupe de militaires, originaires des villages chrétiens de Rmeich, Ain Ebel et Debel, est resté à domicile sans rejoindre d’autre centre militaire.

Le commandement de l’armée n’a pas encore statué sur la situation juridique de ces éléments, notamment concernant l’interruption de leur service.

Ce groupe comprend des hommes et des femmes. Certains d’entre eux ont quitté la zone durant la guerre au sein de convois de la Croix-Rouge pour recevoir des soins médicaux avant de retourner dans leurs villages.

Il convient de noter qu’un black-out entoure la circulation des convois entrant et sortant des zones occupées, lesquels s’effectuent en coordination avec les forces de la FINUL et la Croix-Rouge, à l’instar des convois d’acheminement des aides aux habitants des villages occupés.

Source : Médias