jeudi, 27/08/2026   
   Beyrouth 07:56

Les États-Unis récompensent « l’ouverture » sur Israël : La Syrie n’est plus un État soutien du terrorisme

Par Amer Ali

Les États-Unis ont retiré la Syrie de la liste des « États soutiens du terrorisme », environ 47 ans après son inscription liée au soutien accordé par Damas à des mouvements de résistance au Liban et en Palestine.

Parallèlement, Washington a retiré le « Front al-Nosra » et la plupart des figures de l’ex-« Hay’at Tahrir al-Sham » de cette liste, alors qu’ils dirigent la Syrie durant sa phase de transition après la chute du régime précédent.

Cette décision constitue la dernière étape vers la levée des sanctions américaines, s’inscrivant dans le soutien explicite de Washington aux autorités de transition.

Alors que cette mesure — amorcée par le président Donald Trump en juillet dernier en marge du 36e sommet de l’OTAN à Ankara — avait d’abord été liée à une implication syrienne accrue au Liban contre le Hezbollah, elle s’avère directement connectée au contexte israélien.

Elle intervient juste après une réunion entre le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaïbani, et le directeur du Mossad, Roman Gofman, ayant conclu à la création d’une salle d’opérations syro-israélienne sous parrainage américain pour négocier un accord de sécurité et une normalisation.

Par ailleurs, la concomitance entre l’annonce par les FDS (Forces démocratiques syriennes) de leur propre dissolution ainsi que de celle de leur « Administration autonome » et la mesure américaine apparaît particulièrement marquante. Ce synchronisme donne à la décision de Washington une portée encore plus grande sur le terrain, où le contrôle des autorités de transition devient centralisé et englobe la majeure partie du territoire syrien, à l’exception de Soueïda, désormais liée au facteur israélien.

Et tandis que Damas tente de manœuvrer sur le dossier de cette province du Sud en sa faveur, Tel-Aviv s’emploie à tracer ses lignes d’influence par la force militaire, que ce soit à travers les visites de ses dirigeants dans les territoires syriens occupés ou par l’exécution d’attaques et d’assassinats ciblés de temps à autre, en l’absence totale de toute défense antiaérienne syrienne et face au refus explicite d’Israël d’en autoriser la reconstruction à l’avenir.

Washington tourne ainsi la dernière page de l’isolement juridique imposé à la Syrie durant des décennies, ouvrant aux autorités de transition une voie plus large vers leur intégration dans les systèmes financier et politique internationaux.

Pour autant, la levée des restrictions américaines ne signifie pas nécessairement un flux immédiat d’investissements ni le début instantané du redressement ; cela reste tributaire de la capacité des autorités à garantir la stabilité politique et sécuritaire, à bâtir des institutions crédibles et à résorber les fractures internes.

En contrepartie, le calendrier de cette décision révèle que ce virage américain est indissociable de la recomposition de la posture régionale de la Syrie, notamment ses relations avec ‘Israël’, la Turquie et le Liban.

Le retrait de la liste du terrorisme marque donc la fin de l’ère des sanctions, mais inaugure simultanément une nouvelle phase d’engagements politiques et sécuritaires que Washington attend de Damas.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar