Dans un développement qui est le premier du genre depuis le cessez-le-feu formel de juin dernier, les médias ennemis ont rapporté, citant des sources militaires et sécuritaires, qu’un débat est en cours sur le redéploiement des forces d’occupation dans le Sud, incluant la réduction de leurs effectifs et leur retrait vers des positions fixes à l’intérieur d’une nouvelle ceinture de sécurité, plus proche de la frontière.
Selon un rapport de la Société de radiodiffusion israélienne, l’appareil de sécurité a récemment mené des discussions sur la création d’une « nouvelle zone de sécurité » plus proche de la frontière, susceptible de protéger les colonies du Nord.
Ce déploiement vient remplacer ce que l’ennemi appelle la « Ligne jaune », qui englobe la zone où ses forces sont actuellement déployées, y compris des positions situées au nord du Litani, comme Beaufort (Chqif).

D’après le rapport, l’opération a été baptisée « La Ligne grise », et prévoit le repli des forces d’occupation vers des positions situées à environ trois à quatre kilomètres de la frontière.
Cependant, selon le même rapport, le plan n’est pas encore finalisé et n’a pas obtenu l’approbation du pouvoir politique, tandis que le débat se poursuit sur le sort des zones dont les forces se retireront, le rôle de l’armée libanaise et le cours des négociations entre les deux parties.
En somme, l’ennemi s’oriente vers une réorganisation de son occupation du Sud, et non vers sa fin. Alors qu’il poursuit ses opérations de destruction et de rasage massif, en particulier dans les villages adjacents aux zones libérées, il ne semble pas vouloir retourner à la frontière internationale, mais plutôt recentrer son déploiement au sein d’une bande plus étroite et plus proche de celle-ci.
Il apparaît que la publication de ces informations intervient après l’annonce selon laquelle le contrôle des hauteurs d’Ali al-Tahir a accompli la mission principale, permettant ainsi de passer à une formule de déploiement moins étendue. Indépendamment de toute dimension politique de cette démarche, l’ennemi affirme, à travers ce plan, qu’il ne garantit pas la sécurité de ses forces déployées dans le Sud et ne dispose pas d’un positionnement confortable et stable.
Ses troupes ne se maintiennent en aucun point plus de 48 heures, tandis que les soldats disparaissent de surfaces dépassant 75 % du territoire occupé.
Dès lors, la « Ligne grise » devient bien plus qu’un simple plan militaire de gestion du déploiement des troupes : elle se transforme en une proposition visant à redéfinir la géographie sécuritaire au Liban-Sud.
Si la Ligne bleue est la ligne de retrait entérinée par l’ONU, la ligne proposée par l’ennemi est une nouvelle ligne militaire à l’intérieur du territoire libanais, ne possédant, en soi, aucune valeur juridique. Néanmoins, le succès de cette formule demeure lié à un facteur essentiel : la capacité de l’ennemi à garantir la sécurité de la zone située derrière la nouvelle ligne, sans y maintenir ses forces déployées.
Le récit israélien tente d’apporter des réponses à ce dilemme en affirmant que les nouvelles positions serviront de « bases pour exécuter des opérations en cas de besoin ».
C’est-à-dire que se retirer d’une position ne signifie pas y renoncer sur le plan opérationnel, mais plutôt passer d’une présence terrestre permanente à une capacité d’intervention au moment opportun. C’est ce qui donne une signification particulière à l’escalade qui a accompagné les conversations sur la « Ligne grise ».
L’ennemi ne relâche pas la pression sur le Sud parallèlement aux discussions sur le redéploiement ; il emploie au contraire la force de manière intensive pour façonner l’environnement dans lequel ses troupes opéreront après la réduction de leur présence terrestre.
Au cours des dernières 48 heures, le Sud a été le théâtre d’agressions aériennes, de destructions d’immeubles, d’explosions, d’ordres d’évacuation et de frappes visant des zones situées au-delà de la ceinture frontalière proposée. Autant d’outils qui permettent à l’ennemi de tenter de maintenir un vaste périmètre de sécurité, même dans le cas où sa présence terrestre deviendrait plus restreinte.
Dans ce contexte, la Société de radiodiffusion israélienne a rapporté que l’armée se prépare à faire sauter des tunnels dans la région d’Ali al-Tahir d’ici quelques jours, tandis que la chaîne i24 a transmis que l’armée attend le feu vert du pouvoir politique pour exécuter la destruction des tunnels, sur fond d’estimations israéliennes indiquant que le Hezbollah fait pression sur l’Iran pour mener une attaque dans le cas où les hauteurs seraient détruites.
L’ennemi a donné dimanche un signal supplémentaire quant à la nature de ce qu’il entend par redéploiement, dans le sens où la réduction de la présence de ses forces ne signifie pas le recul de son activité militaire.
Le Sud a en effet connu une vague de raids et d’explosions ayant touché des zones situées au nord de la zone d’occupation terrestre israélienne, notamment Nabatieh el-Faouqa, Kfar Remman et Arab Salim, causant des martyrs et des blessés parmi les civils. Les frappes ont également touché des installations civiles et sanitaires, dont l’hôpital Ghandour à Nabatieh.
Malgré cela, il est encore trop tôt pour affirmer que le plan de la « Ligne grise » entrera en vigueur. Les sources israéliennes confirment qu’il fait toujours l’objet de débats et n’a pas reçu l’aval du niveau politique.
De plus, la trajectoire sur le terrain elle-même semble liée à ce qui se passera à Ali al-Tahir, à la décision de la direction politique israélienne concernant la destruction des tunnels, ainsi qu’au processus de négociation qui devrait reprendre à Rome la semaine prochaine.
Par conséquent, la « Ligne grise » ne semble pas, dans son essence, être un recul israélien du Sud, autant qu’elle apparaît comme une tentative de reformuler la modalité de son contrôle : une présence terrestre moins dense, tout en conservant la capacité de frapper et d’intervenir dans un espace plus large.
Le retrait de certaines positions ne signifie pas leur abandon militaire, tout comme le rétrécissement de la ceinture de déploiement ne signifie pas nécessairement le rétrécissement de la zone que l’ennemi entend maintenir sous son influence de feu et de sécurité.
C’est à partir de là qu’a commencé à se cristalliser en ‘Israël’ l’idée de la Ligne grise: une bande militaire plus étroite que la Ligne jaune, mais qui ne signifie pas nécessairement le retour du contrôle aux propriétaires de la terre, ni ne met fin à la capacité d’intervention et de frappe israélienne, alors que le retour des habitants lui-même devient, selon ce qu’a rapporté la Société de radiodiffusion israélienne, une pièce de l’équation des négociations.
La Société a en effet indiqué qu’Israël a informé le gouvernement libanais que le retour des habitants dans les zones évacuées dépendra des résultats des négociations qui doivent reprendre la semaine prochaine à Rome.
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
