mercredi, 09/09/2026   
   Beyrouth 09:57

Le ministre américain des Transports critique Ford pour ses liens avec la Chine

Le ministre américain des Transports, Sean Duffy, s’en est vivement pris mardi à Ford pour son recours à des technologies chinoises, des accusations qualifiées par le constructeur automobile de « tentative malavisée de faire les gros titres ».

Dans une lettre adressée au patron de Ford, Jim Farley, et publiée sur le site du ministère, Sean Duffy estime que les « récentes décisions stratégiques de l’entreprise dressent un tableau préoccupant d’une marque américaine emblématique qui lie activement son avenir à des entreprises chinoises soutenues par l’Etat ».

Le ministère est « alarmé » par l’utilisation par Ford de technologies du fabricant chinois de batteries CATL dans son usine de Marshall, dans le Michigan, a affirmé Sean Duffy.

Il a déclaré que le recours à cette technologie chinoise allait « à l’encontre de l’esprit des politiques américaines en matière de sécurité nationale et économique et d’indépendance des chaînes d’approvisionnement ».

Sean Duffy a également critiqué d’autres collaborations de Ford avec des entreprises chinoises, comme sa coentreprise avec le chinois Geely en Espagne, ainsi que la décision du constructeur de « retarder » jusqu’à 2030 le rapatriement aux Etats-Unis de la production de modèles Lincoln actuellement fabriqués en Chine.

« Lorsqu’une entreprise choisit délibérément d’approfondir ses dépendances opérationnelles à l’égard de concurrents stratégiques, elle ne se comporte pas comme le partenaire fiable qu’attendent le public américain et ce ministère », a tranché Sean Duffy.

Ford, qui se présente comme le premier constructeur automobile aux Etats-Unis pour l’assemblage de véhicules, a répondu que ces critiques contenaient « des erreurs factuelles » et présentaient de manière erronée ses activités.

« Si le ministre nous avait contactés avant de transmettre sa lettre à la presse, nous aurions été heureux de lui fournir davantage de détails sur l’engagement de Ford aux Etats-Unis », a déclaré le constructeur dans un communiqué.

Le recours de Ford à la technologie de CATL intervient dans le cadre d’un « accord limité de licence technologique et de services », et n’implique pas « une coentreprise ou une usine de production détenue par des intérêts étrangers », a précisé l’entreprise. « Ford est propriétaire de l’usine, en contrôle les opérations et emploie les salariés. »

Ford a également souligné les récents éloges de responsables de l’administration Trump concernant des décisions relatives à sa chaîne d’approvisionnement.

La Maison Blanche avait notamment salué, dans un communiqué publié fin août, l’investissement de 3 milliards de dollars de Ford dans l’usine de Marshall, qui doit créer 1.700 emplois.

Source : AFP